AVIATEUR
 MILITAIRE  EN  SUISSE

Mémoires de Blaise Perrenoud

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L’achat d’un ordinateur au début de ma retraite m’a permis de révéler mon parcours de vie tumultueux ! Les choses à faire pour essayer de se faire une place au soleil furent parfois difficile à vivre.

BLAISE PERRENOUD…parle de son parcours , de ses services militaires dans la DCA de 1945 à 47, de l’Aviation 1948 – 53 à l’esc.av.5 , de 54 - 64.à l’esc.av.4 , et de 65 – 74 à l’esc.av.légère 1 , puis après comme aviateur civil .

   Né le 18.10.24 , je suis l`aîné de Bertrand et d`Amélie , tous les deux instituteurs . Bertrand était l`aîné de Walter, horloger-paysan à la Sagne ( NE ) ; sur une partie de son terrain , l`armée a fait un aérodrome de dégagement ( au début de la guerre de 39-45 , il fut abandonné par la suite ) , de façon à pouvoir voler par temps de brouillard sur le Plateau . Dès qu`ils se marièrent , Amélie n`eut plus le droit d`enseigner ! En ce temps là , il ne pouvait pas y avoir 2 salaires dans la même famille ! Raymond , 2 ans après moi , devint artiste à Genève et Paris , Monique , 6 ans après moi , devint institutrice et prof. de gym. à Lausanne et Gilbert , né en1934 , a fait le poly de Lausanne en architecture . Nous avons tous les 4 eu notre père comme instituteur en primaire . Comme il n`y avait qu`une classe dès la 2me année, notre père nous a marqué doublement , à l`école et à la maison . C`est en 1933 dans notre maison, que nous avons aidé à construire , que nous avons grandi à Coffrane , où père a enseigné pendant 40 ans .

   Après 2 ans d`école secondaire à Neuchâtel et 4 ans au tech. de Neuchâtel , j`ai effectué mon travail de diplôme chez Philips à La Chaux-de-Fonds . L`aviation depuis toujours et encore plus que jamais ne cessait de m`intéresser … je rêvais souvent d`être en vol , bien que n`ayant jamais volé !  M`imaginer partir en vol du terrain du grand père , me faisait voir la vie en bleu …flirter avec ce ciel si magique … lorsqu`il est beau bleu ! Bleu fut toujours ma couleur préférée .

Dès fin 1944, j’ai travaillé chez Philips. Il n’était pas possible d’importer des oscillographes cathodiques de Hollande . Je fus chargé de dessiner et construire 40 appareils GM3140 et 25 GM3125 avec du matériel produit en Suisse mais nous avions les schémas électriques originaux hollandais . Par la suite, un chagrin d’amour sera déclencheur d’un nouveau  défi : faire le Poly à Zürich !

    Le recrutement : Le Colonel Sunier , recruteur pour le Canton de Neuchâtel à Cernier , malgré la promesse de laisser le choix de l`arme à ceux qui obtiendraient tout des « 1 » à l`examen de gymnastique, ne m`a pas incorporé dans l`aviation comme je le désirais. Pourtant j`avais largement réussi cet examen. Si je ne pouvais pas être dans l`aviation, je choisis à contre cœur d`être contre, je fus donc incorporé dans la DCA.

    Mes services militaires : Avant d`être recruté, j`ai suivi 2 cours de moniteur de ski militaires pour l`instruction préparatoire de 6 jours en janvier 1943 et en janvier 1944. Au début de 1945, encore pendant la Mob., j`ai fait 118 jours d`école de recrues dans la DCA 20 mm à Payerne. Je fus spécialisé comme grenadier et pointeur de canon DCA 20 mm. Pointé , avec 12 camarades , je fus obligé de faire l’école de sous off .

    Dans l`enchaînement, ce furent 27 jours d`école de sous-Offs et 118 nouveaux jours d`école de recrues pour payer mes galons qui me virent porter le gris-vert. Rester en service à la fin de la guerre ne nous plaisait pas du tout ! Entrés en service , on dû aller chez nos parents pour qu’ils confirment que nous étions soutiens de famille. Avec 6 camarades je fus obligé de faire cette école ! Les 6 autres étaient soutiens de famille . Le Col Glauser était le commandant . En inspectant mon groupe , un de mes hommes le regarda . Il me demanda ce qui n’était pas en ordre ? Je désignai le fautif . Expliquez lui sa faute ! Vous deviez me regarder , et non l’inspecteur ! Quelle est la différence entre chef et supérieur ? Le chef est avec vous sur le terrain et transpire avec vous ! Le supérieur est à l’abri dans son bureau ! Cette remarque de résistant me valut 5 jours d’arrêts de rigueurs . Malgré cela , à nouveau pointé , j’ai pu refuser de faire l’école d’aspirants .

    En 1946, j`ai encore fait 2 cours IP de 6 jours.

    En 1947, J`ai fait mon premier cours de répétition à Colombier et à Grandvillard et encore un dernier cours IP de 6 jours.

                                         L’AVIATION EN VUE ,

     En  1946 , après 2 ans de travail chez Philips à La Chaux-de-Fonds, comme technicien , et avoir économisé quelques sous ( mon père ne me demandais rien pour rester à la maison ) j`ai décidé de poursuivre mes études !

Pour faire le Technicum de Neuchâtel , 2 années d`école secondaire à Neuchâtel étaient suffisantes ! Pour entrer au Poly , je devais faire un examen d`entrée qui correspondait à une maturité . J`ai quitté Philips 3 mois avant cet examen pour me préparer ! Ma sœur m’a prêté ses livres d’études . Grâce à une recommandation du directeur du technicum , j’étais dispensé de me préparer en mathématique . C`est aux Rochers Bruns, sur un petit terrain acquis par échange entre le père de ma belle pressée et par père que je suis préparé .

 . Nous venions d`y construire une petite cabane avec les restes d`une cuisine militaire adossée à une ferme voisine et les restes de l`observatoire SRSA de Tête de Ran ! Père me ravitaillait le samedi après-midi , après son boulot d`instit à Coffrane , et redescendait le dimanche soir . Là-haut , à 1350 m d`altitude , je sortais les pierres du trou dans lequel sera la cave du chalet de famille , bien modeste , où nous nous retrouvons avec mes 2 frères , ma sœur et leurs enfants et nos petits enfants .

Sur cette photo , la cabane n’est plus et les petits sapins plantés autour du terrain masquent la vue sur le châlet .Le secrétaire du Poly Zurich qui m`avais promis de me convoquer pour l`examen d`entrée a oublié de me convoquer comme promis , et pourtant , j`avais déjà payé les finances d`inscription . Je devais attendre une année, si je voulais faire le Poly de Zürich .

Chalet de famille

      Le physicien Dégaillier de Philips avec qui je travaillais , avait aussi quitté Philips pour être assistant du prof. d`énergie nucléaire , le prof.  Haenny , du Poly de Lausanne . Il m`a fait savoir qu`à Lausanne il me serait possible de me présenter sans attendre !

    Avec un retard d`un mois , j`ai débuté mes études d`ingénieur au Poly de Lausanne au 1er semestre . J’ai encore dû m’absenter en janvier pour mon dernier cours de répétition dans la DCA , si bien que je fus heureux de réussir mes examens semestriels . A la fin du 2me semestre , au lieu de faire mon 1er propé , j`ai dû faire mon examen d`entrée au poly le  29.10.47, car je n`avais pas de maturité . C’est après le 3me semestre d’hiver que je fis mon 1er propé le 30.04.48 .

    La fin du 4me semestre fut un peu raccourcie car j`avais déjà débuté la 1re partie de l`école de pilote militaire .

    Dans le train entre Lausanne et Yverdon ,  à mi-juin 1948 , j`ai rencontré un de mes copains du Poly , Gaston Vallon , qui rentrait d`un cours d`entraînement au vol , dans son bel uniforme de pilote militaire, avec son insigne de pilote qui m`avait si longtemps fait rêver.

L`ami Vallon, à qui je racontais mes désirs déçus, m`a parlé d`un certain Colonel Koschel, si j`avais déjà entendu parlé de lui !  Comme je répondais par la négative, il m`a donné son adresse. Dès cet instant tout se déroula très vite...Par chance j’étais caporal dans la même arme que l’aviation !

    A ma demande , j`ai reçu un bulletin d`inscription et une fiche d`autorisation que mes parents devaient signer. Bien qu`alors à 23 ans j`étais majeur, je n`ai pas trouvé drôle cette demande d`autorisation, d`autant plus que mon père ne voulait pas signer. Il trouvait qu`être pilote présentait trop de risques (une dizaine en moyenne perdaient la vie chaque année). Au vu de mon obstination mon père a fini par signer. Je fus convoqué à Dübendorf .

    Lors de la visite médico-psychiatrique, le chef  FAI de Dübendorf ne donne que peu d`espoirs aux aspirants pilotes. Environ 3000 candidats se présentent chaque année. Il y a 1 médecin pour 4 psychiatres pour tester les candidats ! Je ne citerai qu`un test : Une assistante fut chargée de me donner 50 mots avec lesquels il fallait faire une phrase le plus vite possible (elle chronométrait) . J`ai concentré mes phrases sur elle ! En fin de journée , elle était de nouveau là , et je dus dans le désordre lui répéter si possible les mêmes phrases qu` env. 5 heures avant ! En m`annonçant partant , le Chef FAI m`a demandé si j`avais voulu épater la fille ! Il semble que j`ai bien répondu , puisque ça a marché , j`étais candidat !

                                     Pour moi , l’aviation était réellement en vue

    De mi-juillet à début novembre 1948, j`ai fait 111 jours à Magadino pour faire la première partie de l`école de pilotes. Le commandant d’école était le Col.Bachofner surnommé Boby. Nous étions plusieurs romands et 4 d’entre-nous eurent comme 1er instructeur le sgt.Huot . Il n’arrivait pas à s’expliquer clairement . Après quelques semaines il ne revint plus et Boby devint 10 jours notre instructeur nous rassura ! Il nous dit être satisfait de notre travail , qu’il ne comprenait pas pourquoi Huot voulait nous éliminer . Nous eûmes le Plt Knebel comme nouvel instructeur . Nous volâmes en double commande le Bücker-Jungmann et le Pilatus P2 puis seuls sur ces avions et le Bücker-Jungmeister .C`est à cette école que je faisais mes nouveaux amis d`aviation , que nous rencontrerons dans ces souvenirs ( spécialement Freddy Hauert ) . Les week-ends de congé je restais à Magadino , j’eus l’occasion de faire de la gymnastique et quelques virées en jeep avec le Plt.A.Moll qui restait aussi au cantonnement .

    Ce n`est que début novembre 1948 que je suis revenu au 5me semestre ... pour faire à la fin de ce semestre enfin mon 2me propé le 29.04.49. Mon 6me semestre fut à nouveau écourté du service militaire.

    Entre la 1re et 2me partie nous avons 10 jours d’entraînements individuels sur les Bücker et le P2 . Après un vol en P2 à Payerne , mon camarade Paschoud a fait un vol avec le Plt.Sterchi sur le même P2 . Juste après leur start , le moteur explosa et ils se posèrent dans un champ de blé en bout de piste ! ¨Par chance ce moteur avait tenu lorsque j’étais seul à bord .

    C’est de mi-juillet à début novembre 1949 c`est à Payerne que j`ai fait la 2me partie de l`école de pilote.

   Avant de voler seul sur morane qui n’a pas de double commande , nous avons fait de la double commande sur C-36 qui a un même moteur.

    A Payerne le chef d’école fut le Col Eggenberg . Avec 4 romands , notre instructeur fut le Lt.Peyer. La piste en dur avait 900 m de long . Il y eut du service technique et de l’instruction militaire . En vol il fallut à apprendre à voler en formation avec les formations à 2 puis 4 avions avec toutes les évolutions possibles et en simulant des combats aériens .

Nous avons visité les nombreux aérodromes de Suisse et appris à tirer avec les deux mitrailleuses 7.5 mm placées dans les ailes de chaque côté du cockpit , le canon 20 mm placé dans l’axe de l’hélice et à lancer des bombes en gypse sur nos nombreuses place de tir .

   Au début de notre école de pilotes nous étions plus de 50 candidats. Après avoir invités à tirer les salves d’honneurs au décès de pilotes, plusieurs ont abandonnés . Il y eut des incapables. Finalement 26 nouveaux pilotes en présence de 9 instructeurs furent brevetés au

                           Château de Münchenwiler près de Morat le 5.11.49

           Cette photo prise à Payerne nous montre tous autour ou sur un morane avec notre

           insigne de pilote peu avant la cérémonie à Münchenwiler

          Avec les 4 camarades Lt.Masina – Sgt Hauert – Sgt Berney – Sgt.Pellaton je fus incorporé à la 5me escadrille commandée par le Cap.Thurnheer . Il avait une certaine aura pour avoir volé à la 6me escadrille sur messerschmitt 109 . Pendant la guerre , il a participé aux engagements contre les avions allemands qui violaient notre espace aérien .

Fin de l'école de pilote à Payerne

Je reprenais mes études de suite après, au 7me semestre , pour faire à cette fin de semestre enfin mon 2me propé. Les cours d`entraînement en escadrille et les entraînements individuels n`ont pas non plus retardé mes études , qui se sont achevées par les examens de diplôme d`ingénieur électricien EPUL et par la défense du travail de diplôme, à Noël 1950 .

                  J’avais passé 26 ans , environ 3 ans de plus que mes camarades du Poly .car j’avais fait 4 ans d’école technique et 2 ans de travail au lieu de eux 3 ans de gymnase .

    J`ai de suite trouvé un emploi chez Brown-Boveri à Baden , au local d`essai de relais de protection électriques . J’avais pour chefs Mr Matthez-Doret et Mr Stöcklin .

Avec mes 2 ans de pratique chez Philips , mon salaire était de frs 575 par mois ( 525 sans

ça ) . Un de mes amis , Ortlieb de Fribourg , aussi engagé à BBC , faisait les courses de fin et début de semaine en voiture avec moi jusqu`à Berne où je rencontrais ma future Claudine . En roulant avec lui , il me fit remarquer que même par brouillard , opaque en ces temps là , nous ne mettions que quelques minutes de plus pour les 99 km de route entre Baden et Berne . J`avais une Lancia décapotable d`occasion , avec conduite à droite . Ceci permettait de mieux suivre le bord de la route , sur lesquelles il n`y avait pas encore de lignes blanches ! Il s`étonnait de me voir freiner juste assez tôt avant les contours de la route , alors que lui n`aurait pas osé les aborder si vite , car il ne mémorisait pas le parcours ! Après 10 ans chez BBC , mon salaire mensuel était de frs 1000 .- . Grâce à mes indemnités de vol ( Frs 50 par heure ) et à mes indemnités de déplacement lors des mises en service BBC , j`ai quand même pu me marier avec Claudine Favre née en 1933 le 19.11.55 . Claudine donnait des leçons de piano , résidait chez ses parents , et travaillait chez Olivetti à Berne comme secrétaire.

    Notre premier appartement était à la Mellingerstrasse 93 , à Baden . Claudine a groupé ses leçons de piano de Berne sur un seul jour , allait ce jour à Berne et sa maman Nelly venait à Baden ( après la naissance de Gilles en 1957 ) pour garder notre premier fils . Claudine m’a fait savoir qu’elle n’était pas contente de vivre si loin de ses parents .

    En invitant mes amis d`aviation qui habitaient la région zurichoise , j`ai bien essayé de faire voir à Claudine les aspects favorables à notre vie à Baden ! Freddy et sa Muriel , Roger Suter et sa Carole , étaient souvent à la Mellingerstrasse , et nous aillions souvent chez eux ! Par contre , les romands du Poly engagés avec moi près de Zurich , quittaient la région l`un après l`autre , pour des postes mieux rétribués qu`à BBC , et en Suisse romande !

    Moi-même , chez BBC au local d`essai des relais de protection électriques , j`avais la possibilité de faire de nombreux voyages à l`étranger pour mettre en service des centrales électriques et des protections de lignes à haute tension . Pendant mes absences de Suisse , Claudine  retrouvait souvent ses parents à Berne .  Il faut pourtant dire que c`est avant d`être marié , que mes absences à l`étranger furent les plus nombreuses . J`évoquerai plus tard où et quand !

    Comme Claudine ne se plaisait pas à Baden . j`étais mûr pour trouver un job plus proche de Berne . Lors d`un vol d`entraînement individuel , mon premier commandant à l`escadrille 5 , le Cap Thurnheer , surnommé Johnny , aussi en vol , m`a contacté par radio et m`a prié de faire un atterrissage à Payerne pour le rencontrer . Il m`a proposé une place de chef de construction à l`Alpha de Nidau , dirigée par son père , lui étant chef  technique . Avec l`« aura » que je ressentais à son égard , je lui ai fait confiance . Il me proposait une collaboration amicale , je l`ai cru , je le croyais loyal , même si un de ses proches amis , Robi Elsaesser me disait de me méfier de lui ! J’étais persuadé de faire plaisir à Claudine .

    Ce fut le début d`un long cauchemar ! J`ai malheureusement sauté sur l`occasion de me rapprocher de Berne . Lorsque j`ai annoncé ma démission à BBC , où j`étais sous contrat , le directeur du département électrique , le Dr Waldvogel , renseigné sur mon désir de quitter BBC , m`a convoqué à son bureau pour me proposer une promotion ! Je serais devenu chef technique d`un nouveau département , groupant les relais et les liaisons hautes fréquences .

    Le drame , c`est que j`avais promis à Thurnheer de venir chez lui , car je n`avais pas osé espérer une telle promotion chez BBC . Je l`ai avoué au Dr Waldvogel ! Il m`a dit de bien réfléchir ... et malheureusement j`ai préféré tenir ma promesse à celui à qui je faisais confiance , malgré Robi ! La promesse de Thurnheer avec un salaire double de celui de BBC m’a aidé à refuser l’offre de BBC !

    Lorsque Thurnheer m`avait dit que mon salaire serait en tout cas le double de celui de BBC ... je lui avait tellement fait confiance , que je ne lui avais pas demandé de contrat  . Le 1er janvier 1960, Claudine avec le concours de Thurnheer a déménagé seule , de Baden à Nidau .

J’étais en train de mettre en service un gros moteur asynchrone- synchronisé . Ce fut ma dernière mise en service pour BBC .

Le 3 janvier , lorsque je me suis présenté à Alpha à Thurnheer , j’eus une terrible désillusion en apprenant que ce que m`offrait Alpha n`était qu`à peine plus que ce que j`avais à Baden auparavant ! Et ceci sans tenir compte des indemnités de montage que je n`aurai plus jamais . Je lui ai dit  qu`il ne tenait pas sa promesse ! Qu`il m`a promis un salaire double de celui de BBC ! Il me répond qu`un tel salaire serait beaucoup trop ; qu`il m`offre déjà le salaire le plus élevé de tous les employés ! En plus ma place de chef de construction était subordonnée à mon chef de département .Ma déception fut énorme, je ne pouvais plus reculer, je fus contraint d’accepter le fait ...en me disant que la prochaine fois je me méfierai de tous , même de ceux que je devrais pouvoir considérer comme des amis . Malgré tout pour tous les chefs avec lesquels je dus travailler Thurnheer était mon ami, si bien qu’ils étaient tous inquiets de me voir arriver ! Ma situation est désormais très aléatoire !

                   Après une décision , je ne reviens jamais en arrière ! Je tente ma chance !

     Je reviendrai par la suite à mon départ de l`Alpha 17 ans plus tard  ... pour revenir à BBC , qui devint 5 ans après ABB .

                                                  Revenons à l`aviation !

    En 1949 ,  je fus incorporé à l`escadrille aviation 5 ( commandée par Thurnheer ) . Mon premier cours d`entraînement (CE) d`une semaine eut lieu en février 1950 ; j`étais sergent et nous volions des Morane 3801 ( vitesse max. 600 km/h - 1000 chevaux ) . Je venais d`être engagé chez BBC . A cette époque , l`armée Suisse disposait encore de quelques Messerschmitt Me-109 E-3, de P-51 Mustang de 1600 chevaux ( rebuts américain achetés frs 15000.- pièce ) et de C-3603 ( même vitesse max et moteur que le Morane , avec une place pour un observateur ) .

Blaise_foto_3

L'escadrille 5 devant une lignée de Morane en 1950. De g. à d.:
Guenat, Masina, Bays, Pellaton, Perrenoud
, Cdt Thurheer, Elsaesser, Miserez, Hauert, Mirault,Cevey et Berney.

    Février 1950.       L`Esc av 5 à laquelle nous étions incorporés à la fin de notre école de pilotes n`avait pour ce 1er CE que 5 officiers : Thurnheer - Bays - Mirault - Cevey et Elsaesser ...et nous étions 5 nouveaux : Lt. Masina - les Sgts Berney - Pellaton - Freddy et moi !

    Le CE devait se dérouler à Sion et nous prenions nos Morane à Interlaken . Le survol fut fait en patrouilles simples , mon chef était Bays . Au start déjà , Bays rentra les roues en s`arrachant de la piste ( spécial !) en éliminant les roues … alors qu`à l`écolage nous devions attendre d`être à 15 m.sol pour les rentrer ! Pour suivre mon chef , je dus faire comme lui . En face de la paroi nord de l`Eiger , Bays  fit une passe frontale telle qu`il me paraissait improbable de ne pas percuter la paroi …  pourtant je l`ai suivi et nous avons passé , avec une bonne accélération en virage très serré . Lors du rassemblement de fin de vol , nous les bleus avons appris que nos chefs s`étaient jurés de nous perdre en route ! ...Et pourtant aucun n`a lâché son chef ! L`ambiance à la 5 était donnée ! Avec en plus un esprit de ségrégation très désagréable . Les officiers et les sous-officiers se séparaient pour les repas et les temps libres ! Je me jurai bien que cet état de fait ne se produirait pas si je devenais officier!

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