AVIATEUR
 MILITAIRE  EN  SUISSE

Mémoires de Blaise Perrenoud

Blaise Perrenoud

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          C`est donc en souvenir de cette inoubliable Barbara , au pouvoir un peu diabolique que                                                                                                                                         Erwin Hess , de la 4  , à qui j`avais demandé si la médecine pouvait m`aider à avoir une fille , plutôt qu`un 3me garçon , m`a procuré un résumé de la thèse du docteur Séguy sur la question ! Tout est un problème de durée de vie et de durée de réceptivité de l`ovule . Les spermatozoïdes X femelles vivent nettement plus longtemps que les Y . Le sperme éjaculé dans le vagin a plus de Y que de X , pendant 2 à 3 jours . Après , les Y vont commencer à mourir . Après 6 jours , seuls les X pour faire une fille vivent encore ! Lorsque la femme sent être en chaleur , il faut tirer son coup de suite et même mieux , un jour avant , pour avoir un garçon ! Pour une fille , il ne faut se laisser aller qu`environ 2 jours après la fin de l`ovulation ! Ainsi , l`ovule n`a plus aucune chance de rencontrer un spermatozoïde Y ! Mais il est parfois nécessaire de répéter l`opération 2 ou 3 fois pour trouver un X encore vivant , la limite de 2 jours n`étant qu`approximative ! En tenant compte des remarques suivantes , le succès est encore plus probable !

Pour faire un garçon , les spermatozoïdes Y , mâles , sont très sensibles à l`acidité vaginale …d`où faire un lavage vaginal !

Les Y sont nettement les plus rapides et agiles , donc pour un garçon tirer profond dans le vagin , et au bord pour une fille !

      Lorsque je révélais ces petits secrets , je ne dévoilais le procédé que par bribes , et je constatais que les copains , peut être un peu lancés par quelque abus de boisson , n`attendaient que d`en savoir toujours plus ! Ce n`est qu`en fin de soirée , que je crachais le morceau , permettant d`enfin savoir ! Les soirs suivants , on me demandait de répéter les explications , et souvent l`un ou l`autre , aidait à la compréhension . Les autres clients de l`hôtel suivaient avec un plaisir évident le débat ! C`est le début de mon plaisir à raconter les plaisirs de la vie !

      Il me semblait que , étant bon dans le fond , il ne pouvait rien m`arriver ! ( éviter la ségrégation officiers / sous-off. – ne pas exiger de mes recrues ce que je n`appréciais pas – défense les salaires et le respect de mes collaborateurs à Alpha , et j`en passe ! ).

Avec les copains de la 4 , nous avons fait plusieurs virées à ski à Zermatt – à Engelberg - au Srahlhorn 4190 m et du Jungfraujoch à Goppenstein Du 4 au 9 septembre 1967 , j`ai effectué le cours militaire de haute montagne « S-Chanf/Bernina Suot «  . Je devais faire un tel cours pour être sûr de transiter une fois sur héli. ! J`y ai retrouvé Reto Salzborn et Jeannot , mes 2 chefs léger et lourd !

    Mobilisé un dimanche soir , nous avons fait connaissance avec notre moniteur du groupe « pilotes » . Un simple soldat qui nous a dit faire son service de cette façon , car il y trouvait son plaisir ! Alors que nous les pilotes , on trinquait à notre rencontre , lui nous disait que chaque matin , avant son travail au civil , il faisait 8 à 10 km de course à pied .  Impressionnant ! Vers minuit , nous devions aller dormir dans des tentes militaires , montées par des soldats-ordonnance. J`étais dans la même tente que Alex Grundisch. Peu habitué à entrer dans un sac de couchage militaire, dans la nuit , alcool aidant , je n`ai pas trouvé l`entrée du sac !

Blaise Perrenoud à Zermatt

Tout habillé , je me suis tiré le sac dessus , avant d`assez bien dormir ! Le matin , oh surprise , la tente était recouverte de 10 cm de neige ! Avant le petit déjeuner , nous eûmes une théorie pour apprendre à reconnaître l`état d`un homme sans connaissance et comment le retourner sur le côté opposé au cœur , si nous avions pu estimer qu`il n`avait pas de lésion à la colonne vertébrale ! Après le manger et le levé du drapeau , nous nous rendions à pied ,en colonne de marche , sur un terrain d`exercice . Notre soldat- moniteur dit , allez devant , vous les beaux , je marcherai au milieu de vous ! J`étais juste derrière lui , après 1 km environ , il mit le genoux droit en terre et se coucha correctement sur le côté droit ! Me baissant à la hauteur de sa tête , je lui dit : alors c`est un 1er test ? Tu es déjà en position correcte , arrête ton jeu ! Comme il ne répondait pas , je vis une bave rouge sortir de sa bouche ! Cherchant son pouls , il était très faible . De suite , alertant Reto qui avait poursuivi en tête , il revint , et alerta par radio portable , Godi Amsler avec son alouette 3 , qui assurait la sécurité ! C`est moi qui lui ai indiqué où poser , le plus près possible . Transporté à l`hôpital de Samaden , notre soldat-moniteur est revenu à lui en vol ! Arrivé à l`hôpital , il dit être capable de marcher seul ! Mais arrivé au 2me étage , il s`est affaissé à nouveau et n`a pas pu être ranimé . Reto est devenu notre moniteur !

    La partie intéressante du cours , fut la montée au Piz Morteratsch . Remontant le Val Roseg à pied , nous avons atteind la cabane.CAS de Tschierva . Nous avons appris à faire un abri en pierres sèches , mais nous avons eu la satisfaction de pouvoir dormir dans la cabane . Nous eûmes la visite de marmottes , habituées à venir quêter de quoi manger ! De bon matin , nous avons appris à marcher avec des crampons à glace , et à descendre en rappel dans une crevasse du glacier tout proche . Après , contournant le Piz Morteratsch à atteindre par le nord ( altitude 3751 m ) , nous sommes arrivés au sommet , après une marche dans la neige à hauteur de hanches . La descente se fit le long du glacier de Morteratsch .

     Du 21.3 au 3.4.68 le CE double de notre Légère une s`est déroulé depuis Courtelary . Avec Armin , j`étais toujours sur Piper . Il y avait des manœuvres générales dans la région , les avions de guerre ne devaient pas voler sous 100m/sol , et nous pas au-dessus de 50 m/sol .

     Lors d`un vol effectué d`une place de guerre à Boudevillers ( appelée Lion , car il y en avait un vivant , dans une vitrine agrandie du garage tout proche ) , le col. Bridel , super Chef Légers , m`a demandé de le voler jusqu`à Courtelary pour rencontrer Reto . Pour être sûr de ne pas voler plus haut que les 50 m , je restais  assez proche du sol . Depuis Villiers , en direction du Pâquier , toujours très bas à droite de la route , juste assez haut pour pouvoir faire demi-tour et redescendre en cas de panne moteur , je vis un mirage venir du Côty à env. 15m/sol ! Pour être sûr d`éviter une collision , je me suis encore plus approché des arbres que je survolais , le Mirage nous passé dessus par les poils ! ( je savais très bien que selon les aléas d`un vol sur Jet , il n`était pas toujours facile de rester toujours à 100 m/sol en montagne ! ) . Reto m`a dit la remarque que Bridel lui a faite : J`étais prêt à engueuler Perrenoud de voler si bas , lorsque nous avons été fortement secoués , et je sus alors que je l`avais échappé belle ! Et Reto a franchement bien ri !

    C`est cette semaine là , que j`ai eu le plaisir de voler avec 2 amis du Rotary de Bienne , depuis et à Lamboing –est , depuis et à Enges –est , et sur les hauteurs du Val-de-Ruz , où je suis né !

    Emmenant un colonel visiter des troupes vers Courtételle , nous descendions les gorges du Pichoux , toujours à faible altitude , quand vers Undervelier j`ai senti du dégueulon ! Mon colon m`a dit renoncer à sa mission . Il désirait aller là , où il pourrait faire un brin de toilette ; je me suis excusé , et nous sommes allés à l`aérodrome de Porrentruy . Là , expliquant la situation , j`ai demandé un nettoyage de l`avion . Le mécano. qui me connaissait m`a tout d`abord dit qu`il nous servirait à boire , et qu`il ferait le nécessaire . Revenant vers moi , il me dit : Ton colon veut faire le nettoyage seul !…. Et ce fut bien fait ! Après un verre ensemble , nous rentrions à Courtelary .

    Un soir à l`hôtel de Sonceboz où nous logions , nous avons entendu une assez forte explosion dehors , devant l`hôtel . Après quelques instants , une dame soutenant son mari est entrée , outrée en nous voyant ! Vos soldats nous ont agressés , une explosion a abîmé notre voiture , il y a des dégâts ! Reto m`a envoyé faire un constat , tandis qu`il tranquillisait surtout madame , et leur offrait un café . Le mari rentrait d`une visite médicale .    L`explosion était un pétard lancé d`un camion plein de soldats en manœuvre , que nous ne connaissions pas .

A la voiture , pour seul dégât , une barrette-enjolivure était à moitié pendante , la fixation à ressort défaillante , encore en place , mais ayant lâché sa barrette  était toute rouillée . Je l`ai dégagée , pour la faire voir à madame . Tout a très bien fini , toute l`escadrille fut invitée chez elle et son mari qui est procureur de Courtelary pour un apéritif !

A cet apéro. , le procureur demanda ce qui nous ferait plaisir ? Les copains ont choisi du vin blanc , tout en me disant de démontrer les vertus de l`absinthe , puisqu`il nous en offrait ! J`avais raconté aux copains les vertus de l`absinthe bue sec ( sans eau ) , vertus enseignées par le syndic de la Brévine , Monsieur Sauser, diplômé de l`université des Montagnes , comme il le disait si bien . J`ai appris cela , lorsque je faisais des essais de sectionneurs électriques , sous conditions hivernales , dans son verger ! Il m`avait démontré que sans eau , on supporte une plus grande quantité de ce qu`il dit être , une médecine ! Le procureur intéressé , et les copains , furent d`accord avec ma proposition , je boirai en bleue , la même quantité qu`eux en blanc ! Ainsi fut fait , et l`après midi nous faisions une assez longue marche jusqu`à la cabane CAS du Jura , au nord de la métairie d`Evilard , sans aucun problème .

    Fin 1968 , Fritz Kolb me téléphone , disant qu`une compagnie parachutiste allait être créée … et qu`il avait besoin de pilotes Porter , si j`étais d`accord pour faire cette transition ? Je lui ai dit que j`attendais toujours ma transition hélicoptère ! Qu`en faisant cette transition , cela voudrait dire que je renonçais à voler héli . ! Je lui ai dit que ma préférence était toujours de voler hélicoptère . Fritz fut d`accord ,

               et  en 1969 , du 27.2 au 7.2 , je faisais mes 1res 2 semaines de transition héli . !

J`avais 44 ans , alors que la limite d`âge était normalement 36 ans ! Au militaire donc , les promesses qui me furent faites ont été tenues , au civil à Alpha Nidau …hélas non !

     Le cap. Schricker était le Cdt. de la transition , et nous étions 4 élèves , 2 plts alémaniques et Pinpin , adj. Romand ; les 3 ont 37 ans . Chaque élève a son moniteur personnel , les théories sont communes , faites par Schricker .

Je retrouve ici des pilotes instructeurs ( donc d`escadrilles professionnelles , UG ) connus , dont un , déjà cités dans ce mémoire . Ce sont Amsler ( Godi ) , Kurt Frei , Formentini (Vavi), Müller ( de ma transit. Piper ) , qui fut aussi mon 1er moniteur Alouette 2 .     Cette transition débutée le 27.2.69 s`est terminée le 22.5.70 , après 58 jours de service .

    Apprendre à décoller du sol verticalement , jusqu`à 1 mètre du sol , avant de se laisser glisser vers l`avant , pour faire la transition du vol stationnaire au vol proprement dit , n`est pas chose facile ! Rester immobile , puis se mettre contre le vent , en pivotant sur place , nécessite plusieurs heures d`exercices . En suivant un carré d`environ 20 m de côté , avec la pointe d`un des patins qui suit exactement ces côtés , et qui doit forcément tourner sur place aux changements de côté , ou en se déplaçant latéralement autour du carré , nous sommes devenus maître de notre Alouette !

    En cas de panne de moteur , en avion , il suffit de continuer à voler en vol plané ! En héli. , c`est un peu la même chose , sauf que ce sont les pâles de l`hélice qui nous porte , dite « voilure tournante » qui doit planer , donc continuer à tourner ! Pour qu`elles ne cessent de tourner , il faut immédiatement rabaisser le pitch ( levier qui contrôle le pas du rotor ) . Ainsi , par le poids de l`héli. , les pâles continuent à tourner . Comme pour l`avion , il ne reste plus qu`à trouver l`endroit favorable pour poser ! Avec l`avion , il faut avoir un champ dégagé assez long , avec l`héli. , il suffit d`une place relativement petite . Arrivé à environ 30 m/sol , alors que nous descendions à 90 km/h , il faut tirer le «  stick « qui contrôle le pas cyclique du rotor , pour diminuer la vitesse , et se poser verticalement ( flair ) ! C`est ainsi que  se pose un corbeau , un parachutiste ou un parapentiste .

    L`héli. sert à transporter des soldats à pied d`œuvre pour remplir une mission , ou pour amener du matériel , soit en cabine , soit suspendu à un crochet sous l`héli. . Le transport de caisses est assez gênant , car la caisse tourne en vol , faisant pencher l`héli. de côté selon sa position face aux courants d`air . Le transport d`un poteau électrique à déposer verticalement dans le trou qui le maintiendra en position verticale , est assez délicat !

   A la fin de notre transition , le Cdt. de Corps A. Moll , avec plusieurs attachés militaires à Berne , nous a inspecté . Il allait y avoir la votation Schwarzenbach , sur le rejet ou non des étrangers en Suisse ! Nous mangions le soir à notre hôtel à Alpnach . A une table voisine , deux suissesses avec leurs maris italiens se lamentaient , disant ne pas pouvoir aller vivre l` une en Calabre , l`autre en Sicile . Après le repas , mes 3 copains et moi avons lié contact avec ces deux couples . Vers 23 heures , les suissesses n`étaient pas encore sûres que le peuple refuserait le rejet ! Comme j`étais celui qui était le mieux à même de poursuivre la thérapie , les dames m`ont invité à leur domicile ! Après de nombreux cafés-tresch , j`ai retrouvé Pinpin à notre chambre commune . Il se préparait déjà pour le petit déjeuner du matin ! Je n`avais plus qu`à échanger mes habits de sortie , contre ceux d`exercice pour le suivre . Pinpin me dit  que comme je leur avais demandé hier soir , avant de les quitter , ils avaient trouvé un poulet cannibale pour mon pique-nique , selon mon désir .

    Après notre présentation pour inspection , je rejoins mon héli. ! Un grand carton percé de nombreux trous était sur la banquette arrière . Par ses cris rauques , j`avais confirmation du pique-nique qui m`attendait ! Auparavant , c`était moi qui devait transporter le poteau électrique de 12 à13 m de long ! Avec le crochet sous l`héli. , je suis arrivé du bon côté sur le poteau , en vol stationnaire de déplacement , selon les indications du mécano. chargé de l`accrochage du poteau . Lorsque la pointe fut arrimée à un câble de 6 m de long , le mécano. me fit signe de monter . La pointe du poteau se relevait progressivement , tandis que le bas devait rester en place . Ainsi , je faisais une montée en arc de cercle vers l`avant , pour être finalement à environ 20 mètres de haut ; le poteau reposait toujours sur le sol . Sur un nouveau signe , je soulevais le poteau de 1m environ , et j`estimais ma hauteur sur sol aussi exactement que possible ( l`alouette n`a pas de vitre de plancher , ni de miroir d`aide latéral , en ce temps là ! ) . Après quoi , je reçus le signal d`envol !         Je devais reposer mon poteau dans une clairière , à env.15 km de là , et 1000 m plus haut ! Le bas du poteau devra être déposé dans un carré de 2 m de côté , sans l`aide de personne ! Comme nous l`avions appris , il faut arriver sur le carré contre le vent à estimer soi-même , le dépasser d`environ 1 m , le pied du poteau étant à 1 m du sol . De là , en reculant lentement en descendant , le pied doit toucher le sol dans le carré ! Puis , continuant à reculer selon le même arc de cercle qu`effectué au départ , mais à l`envers , le poteau fut déposé au sol avec son pied toujours dans le carré de 2 m . Ce n`est qu`alors que mon moniteur à décroché le câble , et je me posais à côté de mes copains . Le pique-nique pouvait commencer ! Pinpin , préavisé , a préparé un petit feu , avec lequel je brûlerai le fin duvet de plumes , porteur de vermine . Sortant mon poulet , je lui tranchai la gorge entre la 3me et la 4me vertèbre cervicale , ( avec mon couteau militaire ) pour faire en sorte que le moins de sang possible ne s`échappe , car je n`aurai que le sang du poulet pour sauce ! Les copains m`ont aidé à enlever les grosses plumes , et j`ai enlevé les boyaux , tout cela assez rapidement pour manger encore chaud ! Les copains ont filmé mon repas ! Ils me dirent comme c`était spécial de voir les ergots bouger , lorsque j`arrachais des morceaux de viande aux cuisses ! Ils ont même filmé la scène ! Les inspecteurs, du chef aux attachés , n`étaient peut être pas tous prêt à partager mon repas !

Tout au cours de notre transition héli , l`étude des cartes d`obstacles devint pour nous une priorité ! Dorénavant , je recevais les cartes spéciales et les annonces de câbles. Nos missions nous obligent à nous poser partout , en plaine ou en montagne . Les câbles électriques sont bien visibles , grâce à leurs poteaux . Les câbles de transport , de lait , de bois , de foin , de matériel de construction pour des alpages ou de nouveaux téléphériques , etc , sont souvent presque invisibles ou imprévisibles . Il faut souvent aller en voiture sur place , pour être sûr de leur emplacement .

     Juin 1970   Enfin , je rejoins la Légère une sur Alouette à Payerne . L`escadrille est engagée dans des manœuvres , près de Schwarzenburg . Les atterrissages en campagne se multiplient !

    Nos places de maintenance sont camouflées , et gardées par la troupe . En vol , ce n`est pas très différent que ce que nous avons vécu à Alpnach ! Il faut repérer les câbles d`ici !

   En montagne , avoir une bonne notion des courants d`air est primordiale ! Pour remonter une pente contre le vent , il faut souvent descendre très bas , là ou le vent est freiné par les obstacles au sol . C`est là , que les câbles sont très dangereux . Il m`est arrivé d`être sous les câbles des trams de la Bahnhofstrasse à Zürich , en rêve , et de me réveiller avec plaisir ! Ce CE , nous sommes allés avec 4 hélis reconnaître un nouveau câble ( annoncé avec des coordonnées précises ) . En vol , nous ne l`avons pas vu , et nous nous sommes posé ! Deux de nous d`un côté , les deux autres de l`autre côté . Ce n`est que sortis de nos hélis que nous vîmes son amarrage inférieur ! Il partait d`une boucle métallique prise dans un bloc de rocher. De là , on pouvait bien voir le câble , mais l`ancrage supérieur , à environ 800 m , partait en pleine forêt , invisible aussi !

    Novembre 1970   CE à Interlaken . Nous sommes au service d`une batterie d`artillerie 150 qui tire dans le haut du Saxettal ; ses canons camouflés avec des filets sont dispersés autour de l`aérodrome . Pendant que tiraient les canons , je devais amener un des officiers d`artillerie environ 500 m devant les objectifs . Tout en remontant la vallée à très basse altitude , nous entendions les obus passer au-dessus de nous , et les ondes de choc donnaient l`impression que l`héli recevait un coup direct , tant les secousses perçues étaient fortes ! Arrivé sur place , nous entendîmes des cris ! Un promeneur était dans la zone de tir ! Par funk , les tirs furent suspendus . Le promeneur n`avait pas consulté les avis de tir !

Au début de 1971 , ma colonne vertébrale , endommagée lors des passages imposés sur la tour Martin Baker , pour simuler une éjection en siège éjectable de l`avion Venom , que nous venions de recevoir à l`Esc.av.4 a définitivement lâché . Après avoir posé 8 marches en béton devant la terrasse de notre maison , construite en 1965 , à La Neuveville , j`ai ressenti une fatigue inhabituelle au bas du dos . Après m`être couché le soir comme d`habitude , la nuit fut un long cauchemar . Le matin , je ne pouvais qu`avec peine sortir du lit , pour me glisser dans un bain chaud , que j`espérais salvateur . Je ne pu plus sortir de la baignoire . Claudine fit appel à son oncle Charly Perrin , radiologue à l`hôpital Pourtalès de Neuchâtel . La myélographie faite a révélé un disque vertébral percé ! Une opération était nécessaire . Le Dr. de Montmollin , collègue de l`oncle , a accepté de faire l`opération d`urgence .

  Pendant mon séjour à Pourtalès , deux copains , pilotes professionnels à Payerne , sont venus me remonter le moral ! Rudi. Haas , pilote de mirage a été opéré comme moi , et deux mois et demi plus tard , il revolait ! Ernst Gmünder confirmait le miracle ! Je n`avais plus qu`à attendre environ 2 mois , et je serais à nouveau tout neuf ! Effectivement , 2 mois plus tard , j`ai fait un vol P-2 , après avoir été contrôlé en ordre par le FAI de Düb. . Le chef FAI m`a bien dit que de Montmollin n`était pas connu , pour de telles opérations . J`espérais quand même que ça marcherais pour moi ! Malheureusement 3 ans plus tard , je dus déchanter !

    Lors d`un EI organisé par Payerne en 1971 , je dois prendre un héli. à Belp , pour être à disposition d`un Col. d`Artillerie . Nous volons jusqu`au Schallenberg , où il me laisse l`attendre tout l`après-midi , jusqu`à 1645 h , car je devais rendre l`héli. à 1700 h.  A 1700 h , mon Colon n`était toujours pas là ! Je suis allé le retrouver pour lui rappeler l`heure ! Il m`annonce un problème , un obus est parti trop court , et ils ne savent pas où ! Etant de toute façon en retard pour Belp , j`ai repris l`héli et le Colon , pour rechercher l`impact de l`obus égaré ! Survolant une ferme couverte de chaume très peu après , je vis des gens énervés , et un grand trou dans le toit ! J`ai proposé au Colon de le déposer là , mais il n`a pas voulu ! Il a envoyé un subalterne vers la ferme , et nous sommes rentrés à Belp . Les mécanos ont bien compris les raisons de mon retard !

    Quelques semaines après , je devais prendre un Colon en service près d`Echallens , l`amener à Hongrin , et le ramener à Echallens . La météo. était telle , qu`il fallait passer par Aigle , pour avoir une chance de passer . Jusqu`au Sepey , il n`y eu pas de problème . Après , les nuages denses obligèrent à suivre la route du Col des Mosses , tout en évitant la ligne électrique HT qui coupe la route après le Sepey . Arrivé à La Lécherette , pour aller au camp militaire de Hongrin , les nuages étaient si denses , qu`ils ne permettaient pas d`éviter les petites lignes électriques et de suivre la petite route . J`ai déposé mon Colon à l`hôtel de La Lécherette , où un chauffeur militaire se mit à sa disposition . Je lui dit que je l`attendrai à l`hôtel du Col des Mosses . Arrivé à cet hôtel , il m`était clair que je devrais aller me ravitailler en pétrole à la citerne de secours du Fort de St. Maurice . En buvant un café , je vis arriver un camion citerne militaire , et ses hommes qui venaient aussi boire un café ! A ma question , ils me dirent avoir le fuel convenable en assez grande quantité ! Ils me mirent le pétrole nécessaire , avant de poursuivre leur chemin ! Le hasard fait bien des choses ! Mon retour à Payerne , via Echallens , fut sans histoires . Le Chef de vol fit le nécessaire vis-à-vis de mes ravitailleurs !

    En 1972 , j`ai participé à une fête bien arrosée avec mes copains de l`Esc.av. L1 à Interlaken tout en étant détaché ailleurs . Le lendemain , je devais faire mon contrôle médical FAI à Dübendorf . Pour y aller , j`avais réservé un Piper . Après environ 6 heures de visites médicales , je retrouvais le médecin Chef pour le verdict final ! Tout est en ordre , me dit-il , mais je ne peux pas vous laisser rentrer avec votre avion , votre alcoolémie est encore trop élevée , avec 1,8 pro-mille . Surpris , je lui fis remarquer que je suis venus d`Interlaken sans problème , avec forcément davantage ! Il en convint sagement , et me laissa rentrer en Piper à Interlaken . Merci à ce Chef , qui savait faire confiance !

    Les CE en esc.av.L1 furent tous magnifiques ! L`un ou l`autre était parfois détaché , pour une mission individuelle . Une fois , par exemple , je devais amener le Chef DCA à Zuoz , en Engadine . Un camion citerne était à ma disposition , avec 3 soldats . Partant d`Interlaken , je leurs donne rendez-vous au hangar avion du petit aérodrome d`Ems , que je connais si bien , depuis nos vols Piper avec Armin ! Je prenais ce Chef  DCA , un Divisionnaire à Emmen , avec 2 de ses collaborateurs . Arrivé à Coire , la météo. S’était dégradée à tel point , que je décidai après Lenzerheide , de passer par le Julier ! La neige tombait assez fort , et masquait la route , dès le village de Tinzen . Dans ce contexte avec visibilité réduite , je vis un camion en route vers le Julier , et me mis en vol environ 50 m sur lui , avec l`espoir que la chute de neige cesserait bientôt ! Ce ne fut pas le cas , et à la vitesse du camion , je n`aurais pas eu suffisamment de pétrole , pour déposer mes passagers à Zuoz , et rejoindre ma citerne à Ems ! Je dus redescendre à Tinzen , pour essayer de rejoindre l`Albula . Malheureusement, la neige abondante sur ce col , sans trafic automobile , et la très mauvaise visibilité , m`ont obligé à déposer mes passagers à la gare de Filisur , où ils prirent le train . Je rejoignais Ems et ma citerne , avec une très faible réserve de pétrole !

    Le lendemain , la météo. M’a permis de reprendre mes passagers à Zuoz , pour les voler à Brigels . Cependant , la météo. que je contactais par radio de mon héli. , annonçait une sérieuse aggravation , avec chutes de neige jusqu`en plaine . En déposant mon Divico. , je lui dis que s`il voulait rentrer aujourd`hui à Emmen , il devrait peut être écourter sa visite ! Au dernier moment , les nuages qui venaient du Tödi se faisaient de plus en plus menaçants , je dus le rappeler ! C`est de justesse que nous avons échappé à la tempête par Tavanasa , et le Rhin via Coire , puis par le lac de Walenstadt . La neige tombait de plus en plus fortement , obligeant à suivre la route à max. 50 m sol . J`avais donné rendez-vous à mes hommes de ma citerne à l`aérodrome de Lachen . Les aides du Divico. étaient à déposer à Dübendorf . J`avais assez de pétrole pour aller à Düb. , par Uznach . Depuis Rüti , je fus obligé de suivre la ligne de chemin de fer à très faible altitude , tant les chutes de neige gênaient la visibilité . De Dübendorf vint l`ordre général de riposo. d`urgence , car en plus de violents vents étaient attendus . Je ne m`étais pas annoncé pour riposo. à Düb. , mais pour être sûr de ne pas être bloqué à l`atterrissage , j`ai dit que je déposerai les aides à l`extrémité sud de la piste . Ainsi fait , j`ai pu rejoindre ma citerne à Lachen . Après mon refulling , il n`y a pas eu de problème pour atteindre Emmen . A Lachen , j`ai pris avec moi un de mes soldats , laissant aux 2 autres le soin de rentrer à Interlaken . A Emmen , où j`ai bien du m`annoncer , je fus rendu attentif à l`ordre général de riposo. , du à des vents jusqu`à 150 km/h . Etant assez au sud , pour me rendre à Interlaken , j`ai tout de même eu l`autorisation de partir .

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