BLAISE et L`AVIATION
 MILITAIRE SUISSE

Mémoires de Blaise Perrenoud

Blaise Perrenoud

 l   1   l   2  l  3   l  4  l  5   l  6   l Page 7 l   8   l  

C`est en coupant court , juste au sud de la Schrattenflue , que les vents violents nous forcèrent à voler très bas , là où les vents sont freinés par les obstacles au sol , pour pouvoir avancer dans la bonne direction . Dans le défilé entre le Hohgant et le Arniberg , un tourbillon nous a fait faire un tour complet , horizontalement , sans autre effet qu`une remarque de mon soldat : Ouf , je n`ai encore rien vu de pareil ! Sur l`aérodrome d`Interlaken , le vent était trop fort pour poser en terrain dégagé ; c`est à l`abri d`une halle et d`arbres voisins , que j`ai trouvé l`endroit assez calme pour poser . Ma citerne est rentrée environ 4 heures plus tard , me permettant de m`annoncer rentrant avec mes hommes . D`autres Amis détachés comme moi , sont restés bloqués à Düb. et à Payerne .

     En faisant des vols individuels commandés , il y eu aussi de belles aventures .

Payerne me demande une fois : Etes-vous libre cet après-midi , pour une mission à Bure ?

Répondant affirmativement , j`ai demandé à partir de Payerne à 1130 h. , et que mon passager prenne aussi un sandwich avec lui . Mon passager était un pilote de l`UG , avec radio , chargé de diriger des attaques Mirages et Hunter , sur des chars d`assaut . Après notre bref repas sur la crête du Chasseral , nous posions à Bure . Là , un Cdt. de Corps valaisan m`a dit qu`il viendra avec moi , pour suivre de près les attaques sur ses chars ! Hors , à ce moment là , je n`avais pas encore les 300 heures hélico. qui autorisent à voler des VIP . J`ai accepté le défi , mon VIP ne sera pas au courant de mon « incompétence » .

Comme j`avais participé à des attaques de chars ( lors de mes 10 ans sur Venom ) , et que l`ami de l`UG m`avait donné les longueurs d`ondes à utiliser , je n`ai pas eu de problème à amener mon VIP aux premières loges pour suivre les attaques . Après ces engagements , mon VIP donna les ordres nécessaires , pour me faire conduire un Centurion , et pour me permettre de viser et tirer avec le canon du char en mouvement ! Passer d`une Alouette II d`env. 1000 kg , à un char si lourd , est assez impressionnant .
    Rentré à la maison , le soir , Marquardt , notre chef Esc av L 1 , m`a demandé si tout s`était bien passé ! Je lui dis , alors , toi qui sais que je n`ai pas les 300 heures nécessaires , me téléphones-tu pour me mettre au clou ? Non , non , je te transmets seulement les félicitations de ton VIP ! Dorénavant , il ne veux plus avoir à faire à des amateurs de la milice , mais seulement avec des profis. , comme toi ! Encore une fois , une désobéissance payante !

     Lors d`un engagement d`entraînement individuel à Payerne , avec un P-2 je devais aller à Sion pour amener des douaniers sur la frontière sud-ouest du Valais , avec Al-2 . La météo. n`était pas favorable , le chef de vol m`a dit qu`il ne sera pas facile d`aller à Sion . Par mauvaise météo. , le mieux est de passer sur le Léman via le village d`Attalens . Ainsi fait, les nuages collaient tellement au sol , que vers Villeneuve , j`ai dû rebrousser chemin . Via Châtel-St-Denis et Bulle , j`ai essayé le col des Mosses , puis le Sanetsch sans succès . Par Saanenmöser et La Lenk le Rawil a passé par les poils . La petite vallée du col était assez dégagée pour me laisser voler à 30 m/sol , mais au bout , il faut virer tout à gauche , ce qui ne sera possible que si le lac de Tseusier est assez dégagé ! Ce fut le cas , et la descente vers Sion fut aisée , le Valais avait beau temps direction Sud . Le chef de vol de Sion me remit une liste de douaniers à transporter que je devais aller chercher à différents endroits indiqués sur la liste, en coordonnées . J`avais pris mes cartes géo. du coin , mais en vol dans mon héli , je devais repairer les endroits indiqués . Comme mon survol de Payerne avait pris du temps , je n`avais pas pu faire le repérage avant le vol . Malgré tout , j`ai pris les premiers douaniers à Bourg-St-Pierre pour en amener un à la Cabane de Corbassière et deux près du Glacier Durand . Deux autres , pris à Orsières , après avoir repris du fuel à un tonneau de réserve , furent déposés au Col Ferret . De retour à Orsières , je reprenais 3 autres douaniers , dont 2 à déposer sur le barrage d`Emosson et un au col de Susanfe . Mais arrivé à ce col , j`étais à nouveau short of fuel , et j`ai préféré rejoindre une citerne à Morgins , qui était prévue par Sion à mon intention …et j`ai heureusement gardé le dernier douanier avec moi ! Arrivé au nord de la Haute-Cime , Champéry était sous le brouillard , et Morgins aussi ! J`ai dû me poser à La Tovassière , au haut d`une petite route qui mène à Morgins . J`ai prié ce dernier douanier d`aller à pied chercher ma citerne , tandis que je gardais mon alouette ! Lorsque citerne avec douanier me rejoignirent , le brouillard était monté plus haut que l`alouette et moi-même . Comme je suivais l`évolution du brouillard , j`avais reconnu le terrain en détail , pour quitter les lieux , et pouvoir enfin déposer mon gars au col de Susanfe . Avec le retard pris , je n`étais plus dans les temps pour d`autres déposes , et je suis rentré à Sion . Le chef de vol fut malgré tout satisfait . Le retour à Payerne en P-2 par La Gemmi , mieux dégagée de nuages étant plus à l`est , fut sans histoire .

    Fin 1974 ,   Le Désenchantement annoncé survient ! J`ai fait mon dernier CE du 26 au 30 août avec mes copains de La Légère 1 . J`aurais eu la possibilité de transiter sur Alouette 3 . Comme j`étais à la limite d`âge de 50 ans pour rester pilote , j`ai renoncé à faire faire des frais supplémentaires pour faire cette transition !

    En regagnant La Neuveville en fin de CE , rien que de porter ma malle d`officier de la gare à l`auto , puis de la l`auto à sa place à la maison , j`ai ressenti de telles douleurs dans le dos , que je me suis de suite mis au lit . Le matin suivant , je ne pouvais plus bouger dans mon lit , tant les douleurs étaient violentes ! Claudine fit à nouveau appel à son oncle Charly Perrin , radiologue à l`hôpital Pourtalès , qui me remit entre les mains de De Montmollin ! A ce moment , nous ne savions pas encore que ce médecin n`était pas le meilleur pour effectuer des opérations discales . Nous pensions qu`il saurait voir ce qui clochait à nouveau !

    Erreur , profonde erreur que l`esprit le plus profond ne peut sonder jusqu`au fond ! Il prétendait que je faisais de la simulation , que je n`avais aucune raison d`avoir mal ! Il m`a bourré de médicaments pour calmer mes douleurs pendant 3 semaines , et refusait d`accepter des contre- expertises par les spécialistes de l`hôpital de l`Ile à Berne où du Chuv à Lausanne

    L`oncle Charly , voyant ma détermination à quitter Pourtalès , a envoyé ses myélographies au Dr. Markwalder qui a accepté de me recevoir . C`est mon copain garagiste Pierre Wirth , qui a organisé mon transfert en ambulance , en cachette de De Montmollin . De suite à mon arrivée à Berne , ce spécialiste m`a testé et dit :  Mais qu`attendait-t-il pour opérer , c`est urgent . à 0700 h. , le lendemain je fus réopéré . J`ai eu un réveil très perturbé , tant j`avais été drogué à Pourtalès .

    Une semaine plus tard , je saisissais à nouveau ce qui m`arrivait , le Dr Marwalder me dit que lors de la première opération , seul le liquide qui s`était échappé du disque abîmé avait été enlevé . Comme un disque percé ne peut pas être réparé , le reste du liquide a fini par boucher tous les trous de conjugaisons , par lequel le nerf sciatique communique avec les jambes .

Si j’avais fait l`opération quelques jours après , il y aurait eu de fortes chances pour que vous finissiez le reste de vos jours en chaise-roulante . Ainsi , j`ai fêté mon 50me anniversaire à l`hôpital de l`Ile , avec la presque certitude que je marcherais , mais que 4 disques vertébraux finiraient par se souder , là où le dos permet de se plier !

      Autre surprise , Claudine m`apporte L`Illustré du 24 octobre 1974 , avec le reportage du Dr. Séguy sur ses 10 ans de pratique pour expliquer comment faire un garçon ou une fille à volonté ! Notre Barbara a eu ses 10 ans !

      En décembre 1974 , j`ai fait mes derniers vols militaires , un avec Al-2 avec 9 atterros en campagne , un en P-2 et trois en Do-27 . Mon dos tenait le coup !

Par la suite , j`ai fait du service avec le 1er Corps d`Armée , pour la conduite des avions lors des manœuvres avec les troupes terrestres . Fin 1977 , je fus licencié de l`armée avec remerciements pour services rendus !

                                    Intermezzo , mes derniers jours à Alpha !

     En 1994 , à Alpha , je passais chef du Département Electro-mécanique , après le départ de Mr. Vénard avec lequel il m`a fallut composer pendant 15 ans ! Il jouait au chef , sans avoir toutes les compétences pour ! Malgré tout il fut pour moi celui qui me permettait d`éviter celui qui ne tenait pas ses promesses et qui m`avait engagé ! Pour tous les autres  chefs des 5 départements , j`étais celui qui était l`ami pilote de Thurnheer ! Lorsqu`ils avaient des critiques envers la Direction , ils me demandaient de les transmettre ! Je savais bien que faisant cela ça m`éloignais ainsi de plus en plus de Thurnheer qui n’était plus pour moi un ami ! Pourtant , il voulut de moi comme nouveau chef du Département !

     En possession du dossier de chef de département , je vis que ce que me disait Thurnheer sur le salaire qu`il m`offrait en m`engageant , était faux ! En ce temps là , d`autres avaient davantage ! Dès mon entrée à Alpha , Thurnheer me mentait et critiquait mes décisions ! Mentalement , je sentais que je ne resterais plus longtemps à Alpha !

     Peu avant le départ de Vénard , Thurnheer avait engagé Trachsler pour préparer sa retraite. Il est aussi pilote militaire de l`esc.av.5 , 19 ans plus jeune que moi .

      Devenu chef du département , je vis que Trachsler a mis de côté le chef de l’épuration ! Il prétendit qu’ainsi il pourrait mieux agir dans ce département . Deux ans plus tard , il fit de même avec moi et mon département . Je n’ai plus eu la possibilité de travailler avec mes collaborateurs pour le développement de nos sectionneurs pantographes qui étaient arrivés en phase terminale d’essais . J’ai encore conduit ces essais en Suisse . Nous avons pu essayer la nouvelle exécution pour 170 et 245 kV aux courts-circuits jusqu’à 40 kA .

     Thurnheer et Trachsler ont depuis 2 ans exigé la fabrication d’une commande hydraulique pour nos sectionneurs . NOK de Baden était la seule société à en utiliser . Pour NOK nous achetions des commandes Specher&Schuh . J’ai refusé de la développer , une telle commande n’étant pas conforme aux exigences internationales . Les sectionneurs doivent isoler des appareils ou des lignes à réviser ! Leur fonctionnement doit être fait par des éléments mécaniques visibles ce qui n’est pas le cas avec les commandes hydrauliques .

    Trachsler a imposé à mon technicien Meyer de développer cette commande . Il dut acheter des cylindres américains , des valves de distribution et les autres éléments hydrauliques que nous ne fabriquions pas non plus ! De plus il a exigé que je l’aide à faire accepter cette nouveauté à ENSA , mes amis neuchâtelois , contre mon gré ! Je dus l’accompagner à Neuchâtel , je n’eus l’autorisation que d’approuver ses mensonges ! Il dit même que d’autres clients étaient satisfaits de notre commande ! Ce n’était pas vrai ! Après sa mise en service , cette première commande a très vite provoqué des fonctionnements intempestifs , dus à des valves pas assez étanches . J’avais pourtant dit à mes 2 chefs que ces valves étaient le point faible !

     Désavoué par ma Direction , je restais pour mes clients le Chef de département  Chaque fois que je jugeais nécessaire d`obtenir quelque chose pour mon département , Thurnheer me refusait presque tout , si bien que Trachsler me proposa de toujours passer par lui !

     Je fus obligé d’aller en Belgique pour effectuer des travaux de révision sur des sectionneurs 420 kV à 2 colonnes installés dans une centrale atomique à Doel . La Direction a refusé de mettre à disposition un chef monteur pour ce faire , et c`est un jeune monteur qui m`a accompagné en voiture , avec environ 400 kg de pièces à échanger . Apparemment , mon dos inspirait toute confiance !

     Les nouveaux sectionneurs pantographe 420 kV enfin développés par mes collaborateurs étaient prêts à être essayés aux courts circuits . J’avais rendu attentif qu’ils étaient à faire à La KEMA en Hollande ..

     Etant en Belgique , j’ai présenté ces sectionneurs au client qui nous a demandé une offre .

 Ils  furent d’accord de nous faire une commande d’environ 1 millions de francs !

 Condition les essais de court-circuit que nous ne pouvions faire qu`à Arnhem , en Hollande , devaient être positifs !

     Etant en Belgique , le mieux était de revenir en Suisse par Arnhem pour organiser ces essais ! En Suisse , aucun laboratoire permettait de tels essais . J`ai essayé d`avoir le feu vert de Trachsler , mais il était inatteignable . J`ai demandé à mon collaborateur Meyer de me rejoindre à Arnehm pour organiser les essais de nuit nettements moins chers que de jour , sans feu vert Thurnheer puisqu’il refuserait. ( réseau électrique moins chargé de nuit ) . Rentré à Nidau , Thurnheer est devenu fou de ne pas avoir été tenu au courant ! Je lui ai expliqué ma convention avec Trachsler , ce qui ne lui a pas plu ! Pour tout dire , j`étais encore plus furieux que lui d`avoir à l`éviter , et j`ai décidé de ne plus rester dans une boîte de chefs menteurs et incompétemps ..

    Depuis plusieurs mois , j`avais déjà mûri cette décision ! Lors de mon passage comme chef de Département , Thurnheer m`avait promis d`effacer toute divergence avec moi . Après ma promotion , je lui ai demandé quelle augmentation de salaire je recevrais . Tenez vous bien , il me dit qu`avec les antécédents , je ne recevrais pas d`augmentation ! Et pourtant les antécédents venaient de lui ! Il venait de vouloir tout effacer ! Une promesse de plus , reniée dans la minute qui suit !

    J`ai avisé Trachsler que ne désire plus rester à Alpha . J’ai dès lors fait en sorte que mon département puisse continuer à fonctionner ! J`ai donné les clés théoriques et pratiques à mes collaborateurs pour agir avec succès . Mon collaborateur Meyer est au courant pour conduire les essais en Hollande . Mon vendeur Maeder est apte à reprendre les commandes du département .

    Thurnheer mis au courant , m`a convoqué avec Trachsler . Ils ne désirent pas que je quitte mon poste . Il m’était clair que leur ayant dit qu’avec 3 enfants en études , ils ne pensaient pas que je les quitterais  Inébranlable , je leur dis que ma décision de quitter est prise , je ne suis pas d’accord avec vos décisions, surtout la livraison à ENSA des commandes hydrauliques .

Comment pourrais-je regarder mon client ENSA de face après les magouilles Trachsler !

    Thurnheer dit que son aura est telle , qu`il fera en sorte que je ne trouverai pas d`embauche en Suisse . Je dis que si c`était le cas , je chercherai du travail à l`étranger . Il me dit alors , dans ces conditions , je vous fous à la porte ! Depuis quelques temps , je lui avais dit que je ne désirais plus le tutoiement avec lui , car je ne le considère plus comme un ami . Il ne me versera pas la part versée par l`employeur à mon assurance retraite . Et malgré tout soulagé , j`ai quitté celui que j`ai considéré trop longtemps comme un ami . J’ai obtenu de partir de suite , mais qu’au plus tard à fin 1977 je serai parti , Dans mes jeunes années , j`avais un peu l’impression que rien de mal ne m`arriverait , car j’agissais toujours en bonne conscience ! La rupture de mon contrat fut automatique ! Un nouveau défi était à relever !

    Une semaine plus tard , Motor Columbus de Baden m`engageait . Deux jours après , Motor m`avisait qu`ils renonçaient à mes services ! Thurnheer avait agit ! Et pourtant , il aurait dû voir mon intention : Chez Motor où chez BKW, j`aurais eu la possibilité de rester en contact avec mon ancien département , et ainsi conseiller sur leur demande , mes anciens collaborateurs . J’ai alors téléphoné à mon ami Max Müller de BBC qui avait vu l’hostilité de Thurnheer à mon égard lors d’une de ses visites à Alpha . Il était chef du département électrique qui avait repris MFO et achetait désormais nos sectionneurs . Lorsqu’il apprit ma décision de démissionner , il m’a mis en contact avec ses constructeurs de disjoncteurs  MMrs Keinert et Schaumann.

     C`est ainsi que j`ai obtenu un travail de chef de construction chez Brown-Boveri , en les rendant attentifs à la menace de Thurnheer ! Je fus engagé pour développer des disjoncteurs à SF6 . 10 ans plus tard , le disjoncteur d`alternateur développé par mes soins , coupait 300 kA de pointe sous 24 kV . Mon engagement à BBC/ABB fut une réussite , je fus pensionné en 1988 . Mon salaire n’était pas plus élevé qu’à Alpha mais je fis avec !

    Avant d’avoir 55 ans ‘ j’ai pu me racheter une petite retraite chez BBC . Alpha a versé les 60000.- que j’ai versés pour ma misérable retraite Alpha , mais la part payée par Alpha , et je dus emprunter 100`000.- francs pour ce faire . Cette retraite BBC compense largement ce que j’aurais eu en restant à Alpha ! Il fallait cependant que ma santé me permette de vivre au-delà de 72 à 75 ans .

    Pour la forme sachez que les essais Alpha en Hollande furent réussis , selon mes plans , et que la commande belge fut honorée avec un bénéfice pour Alpha , selon les dires de Hs. Maeder , mon vendeur qui me succéda comme chef de département .Il quittait aussi Alpha huit ans après moi !

    Deux ans après avoir quitté Alpha , j`apprenais que Thurnheer avait eu une attaque cérébrale .

    Contacté par Alpha après le décès ,je suis resté où j’étais considéré et où je pouvais disposer de stands d’essais . De plus avec mon rachat de retraite , j’était lié à BBC . J’étais à nouveau à la pointe du progrès comme constructeur de disjoncteurs . Je suis resté fidèle à BBC qui devint 3 ans plus tard ABB
.

Mes baptêmes de l’air depuis La Blécherette.

      Dès 1975 , je savais que ma seule façon de diluer mes désillusions à Alpha , sera de m’évader le plus souvent possible , entre ciel et terre !

Pour ce faire , il me fallait une licence de pilote professionnel hélicoptère . Air-Léman cherchait un pilote pour faire des vols passagers au départ de La Blécherette . C`est un jeune français qui se chargeait de préparer ces vols , avec un héli. Enström , avec moteur de 220 CV à essence . 2 passagers à droite du pilote y trouvent place sur une petite banquette .

      Je fis un court écolage avec Gilbert Kammacher , un examen de vol avec Gaston Monod expert à l'OFA, et le test règlements avec Freiburghaus , ancien pilote militaire et chef de La Blécherette .

      Il me fut dit que je devrais choisir une volte unique près de chaque village qui désire faire des vols !

Je n`ai pas suivi ce conseil , mais ai exécuté les courts vols de 4 minutes à faire pour le prix de frs 20.- par personne , selon le désir des clients . Le jeune récoltait frs 600.- par heure , et louait l`héli. 400.- . Je ne demandais rien pour moi , me contentant du plaisir , et de la possibilité de maintenir ma licence héli.

      En un week-end , à Morges puis à Chalet-à-Gobet , j`ai fait 12 heures de vol à coup de 4 minutes . Le jeune me remettait 40 litres de benzine tout les 4 vols , pendant que je m`alimentais en thé-froid et en sandwichs . Ce fut un maximum par week-end , mais avec quelques vols plus longs , entre autres , pour chercher les bandes de télévision TSR de matchs de football , je fis en 1975 presque 100 h.de vol héli. , alors que , au militaire , on ne faisait que 70 h. en 6 semaines et 10 jours d`entraînement civil .

      J`ai aussi eu le plaisir d`offrir quelques vols , un à mon père de Coffrane au chalet des Rochers Bruns et retour , un à Muriel et Freddy au sommet des Diablerets à un à Charly Braun , oncle de Claudine , de Cernier au Creux-du-Van et Chasseral et retour et un à Franca et Henri Maillefer , de chers amis . Ces vols furent un plaisir pour eux et pour moi !

      Avec les clients des vols de 4 min. , nous étions si bas , qu`aucun n`a eu de malaise . Ils manifestaient tous plus ou moins manifestement leur plaisir . Certains chantaient à tue tête , d`autres demandaient un ou deux renversements ( vol vers le haut jusqu`à la verticale , suivi d`un demi-tour sur place , à vitesse zéro , pour redescendre en sens inverse ) . Il y eut même 2 jeunes , qui ne demandèrent que des renversements pendant les 4 minutes .

    Le 19 octobre 1975 , Boris Aquadroz , de la TSR , me demande d`aller chercher un de ses reporters à La Chaux-de-Fonds , au stade de football , à 1700 h. . A La Neuveville , les nuages étaient à 50 m/sol . Je lui ai dit que je rappellerais , après avoir demandé la météo à un de mes anciens copains de la Légère 1 qui habite là-haut , qui me dit que les nuages lui permettent de voir à peine le toit de sa maison .  Dans ces conditions , j`ai demandé à Boris si je peux reprendre son homme au parking du Beauregard , au Hauts-Geneveys , car la météo. ne permettra pas de passer la ligne électrique à HT au-dessus des Gollières . Boris me dit que c`était impossible , car le reportage ne pourrait pas être fait à temps , aux nouvelles sportives du soir ! Il me fallait donc aller jusqu`à La Chaux-de-Fonds . Après avoir pris mon héli à La Blécherette , je suis arrivé par les gorges du Seyon , en suivant la route à 20 m/sol jusqu` aux Gollières , mais la vue était si limite qu`il ne me fut pas possible de continuer . Je suis redescendu par Coffrane , pour passer La Tourne , toujours à 20 m.sur la route . Au-dessus des Ponts-de-Martel , sur la route du Locle , même à la hauteur des sommets de sapins , la route n`était plus visible . En passant par La Sagne , par dessus les lignes électriques de La Corbatière ( je volais contre une bise d`environ 30 km/h ) , je suis arrivé à La Charrière . Là , j`apprends que le match a ½ h de retard ! La nuit était tombante , avec tous ces nuages au sol , la rentrée sera assez limite !

   Mon reporter enfin chargé , j`ai fait chemin inverse . Je fis la montée du Reymond à 10 m.sur une voiture tous phares allumés . Malgré avoir mis tout le dégivrage possible , les vitres étaient pleines de buée , je ne voyais que par 2 petites fenêtres de plancher . Arrivé à la route qui redescend vers La Sagne , avec la bise de dos , le nombre de tours du rotor principal chuta brusquement , m`obligeant à faire une auto-rotation avec pleine puissance du moteur , en faisant simultanément un rapide demi-tour , face à la bise . Mon reporter m`a aidé à nettoyer le cockpit , et après un saut de puce ( lancé à fond du rotor principal pour franchir un obstacle, suivi d`une nouvelle auto-rotation ) avec bise arrière , et le rapide demi-tour , je reposais au haut de la descente des Amorties à l`est de la Corbatière . Là , mon reporter m`a dit avoir peur, il voulut quitter l`héli. , et voulut renter en stop . J`étais navré , car depuis là , il n`y avait plus de problème pour rentrer . Je fis la descente dans l`effet de sol , évitant des vaches couchées qui ruminaient . En passant sous les lignes de La Corbatière , le retour par La Tourne fut sans problème , sauf que les bandes télévision restèrent à La Blécherette ! Sans le reporter , elles n`étaient pas utiles à Genève !

     Les 3 et 4 avril 1976 , lors d`un moto-cross à Combremont-le Petit , des reporters de télévision étrangers ont loué l`héli pour des vols de 8 minutes pour faire leurs films ! Nous avons enlevé la porte de droite , et l`homme et sa caméra , solidement attachés à la banquette filmaient , à moitié penchés hors cabine , alors que je devais suivre l`un ou l`autre des motocyclistes environ 20 m. au-dessus d`eux . Après ces vols , de nombreux baptêmes de l`air de l`air avec des spectateurs furent effectués !

    Le 11 septembre 1976 , j`ai amené à l`église des Bioux Cathy et Marcel Reymond , en les prenant avec l`héli. dans leur maison à Bussigny
.

Pendant qu`ils se mariaient , je suis allé chez les parents de mon ami Louis Berney , que je n`avais pas revu depuis l`enterrement de Louis en 1952 ( j`ai parlé de sa chute en vampire devant Villeneuve ) . Son frère , qui m`a ouvert la porte , lui ressemble tant , que j`ai eu un vrai pincement de cœur . Les parents de Louis m`ont dit , lorsque le Capitaine est arrivé chez eux , qu`ils avaient de suite compris qu`ils ne reverraient plus leur fils vivant . J`ai reversé des larmes avec eux . Pourquoi lui , Louis ! Chaque fois que je volais près de son cimetière , ces mots sonnaient , sans réponse .

   Le 20 avril 1977 , j`ai fait la transition sur Jet Ranger , avec Nicolet d`Air Léman – Lausanne .

Bussigny à l'église des Bioux

De Bussigny à l'église des Bioux avec un héli. Enström avec moteur de 220 CV-

Après plusieurs riposo en campagne , Nicolet m`a montré comment faire une auto-rotation ! Ce ne fut pas très réussi ! Je lui dis , laisse moi te montrer comment ça se fait . Il me félicita , tout en disant : Je n`ai plus rien à te montrer , rentrons , tu peux dorénavant voler Jet Ranger ! Cet héli. a la même turbine que le Pilatus Porter que j`aurais volé au militaire , si j`avais renoncé à ma transition Alouette 2 . Il est possible de prendre 4 passagers , et il vole à 230 km/h en croisière . La voilure tournante n`a que 2 pales , et l`empennage de queue est si fin , que la voilure tournante ne provoque pas de choc aérodynamique en passant par dessus ! Voler cette machine fait rêver !

Home Amicale Aviation 4Les AvionsLes MembresLe Livre d'OrNouvellesHistorique + Photos