BLAISE et L`AVIATION
 MILITAIRE SUISSE

Mémoires de Blaise Perrenoud

Blaise Perrenoud

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Malheureusement , 1977 fut le début de la crise monétaire , qui a perturbé la vie de chacun

Je n`ai fait que 4 engagements avec Jet Ranger , à Echallens , à Dombresson , à Le Pont et à Bevaix . Les passagers ne se pressaient plus autour de notre héli , et Air Léman n`a pas trouvé rentable d`engager cet héli plus coûteux . J`ai encore fait quelques engagements avec le petit Enström , jusqu`à fin septembre .

    C`est à ce moment que je quittais Alpha  Nidau , pour travailler à nouveau chez Brown-Boveri , Baden .

             Il était clair que dans ces conditions , il devenait impossible d`être absent de ma maison la semaine à Baden et le week-end à Lausanne ! j`ai renoncé à voler héli , mais j`étais soulagé que la crise m`aide à ce renoncement !

    Je maintenais ma licence de vol voilure fixe , en volant le Piper que l`AVIA Lausanne à repris de l`armée , à l`aérodrome d`Ecuvillens , et après à Yverdon . D`Yverdon , nous avons rendu visite à nos amis de Berlin , en vacances à Ascona . Hans , le mari a volé à fin 1945 sur avion fusée pour la défense de Berlin !

    Peu avant de quitter Alpha , à fin juillet 1977 , le Phantom-para-club de Bienne , m`a fait une demande surprise . Ils avaient un Dornier 27 , mais personne pour le voler ! Ils ont appris que j`avais volé Do-27 à l`armée . Je devais les dépanner ! J`ai recherché ma check-liste Do-27 , et suis allé à Kappelen , après avoir pris une semaine de vacances arriérées . J`ai de suite vu que leur Do-27 n`était pas un rebut de notre armée . Assis dans le cockpit, je vis que ma check-liste ne sera pas utile !

 Avant de laisser entrer les premiers paras,  je leur ai dit que si j`arrivais à mettre en marche l`avion , je ferais un tour de piste seul . Effectivement l`avion volait , il n`avait pas de compresseur , mais j`ai vite maîtrisé les différences . Après une semaine de vols , j`ai volé environ 14 heures en 48 vols , et largué environ 250 paras . La plupart des largages étaient fait à 700 m/sol , avec des jeunes qui faisaient leur 1er saut .

Les chefs de largages faisaient sauter plusieurs jeunes par passage et sautaient de suite après leur dernier largage .

Do-27 et Blaise Perrenoud

J`ai formé 2 jeunes pilotes civils sur Do-27 pendant cette semaine , pour assurer la suite des vols Phantom , car je ne pouvais pas m`engager davantage avant de quitter mon département à Alpha . Je désirais que mon département reste opérationnel !

Précisons que ces engagements paras et les suivants furent tous exécutés gracieusement , ça me permettait de maintenir ma licence de vol .

     A nouveau chez Brown-Boveri , j'avais pour chefs deux allemands . Ils ont bien compris les raisons qui me firent quitter mon département à Alpha . Ils furent contactés par Thurnheer , mais comme ils m`avaient promis , ils l`ont laissé dire , sans plus . Ils ont offert un autre des leurs à Alpha , qui l`engagea , mais ce ne fut pas un succès . En outre , ils me firent savoir que je ne devais pas avoir de contacts avec Alpha , car dans quelques domaines , les 2 firmes sont concurrentes ( à Motor Columbus , des contacts auraient été possibles ! ) .

   Comme à mes débuts à Baden , je louais une chambre pour y dormir 4 nuits par semaine , tandis que rentrant le vendredi soir , et revenant le lundi matin , j`étais 3 nuits à la maison . Même , une fois par mois , je pouvais déjà rentrer le jeudi soir . En plus , je restais chef expert aux examens de l`Ecole d`Ingénieurs de Bienne en électrotechnique et membre d`une Commission technique de l`Association Suisse des Electriciens , avec quelques déplacements de fonction . Mon salaire était le même qu`à Alpha , ici dans une position subalterne !

     Mon Vice- Chef allemand , Mr Schaumann , m`a rendu attentif que je pouvais encore m`acheter une retraite , modeste , mais tout de même mieux que ce que j`aurais eu en restant à Alpha ( je n`aurais touché que environ 180`000.- francs à 65 ans ) .

   . Actuellement , je reçois environ 40`000.- par an depuis 16 ans . Il y a donc longtemps que mon emprunt est compensé ! Mon transfert à BBC peut donc être considéré comme positif ! ( Même si j`ai perdu la part payée par Alpha , pour les 180`000.- ) .

      Dès fin 1977 , je gardais le moral un peu grâce aux vols paras des week-ends à Kappelen .

Je gardais le contact avec mes nouveaux amis paras de la région où j’habite ! J`avais moins l`impression de tout quitter en travaillant à Baden !

      Mai 1979 , mon garagiste Wirth , m`avise qu`il a offert un largage de fleurs sur le corbillard d`inauguration de la zone piétonne de Neuchâtel . Ah oui , comment feras-tu ? C`est pour le savoir que je suis chez toi ! J`aimerais que tu voles le Piper du Club de Neuchâtel avec moi , je jetterai les fleurs comme tu le faisais avec les sacs de poste militaires ! Pour ma tondeuse à gazon , j`avais un sac de récupération avec fond ouvrable . En mettant des roses à courtes tiges dans le sac , il suffit de mettre le sac à la fenêtre , d`ouvrir le fond du sac au bon moment , pour que les fleurs soient chassées par courant d`air .

    Nous avons testé le largage avec des torchons de papier sur un buisson proche de Coffrane avec succès !

    Le 19 mai 1979 , nous attendions à 1500 m/sol le départ du corbillard de la place du Port . J`ai fait mon timing , pour effectuer le lâché au nord de l`Hôtel de Ville , lorsqu`il entre dans la Rue de l`Hôpital . Descendant sans gaz pour faire la surprise , arrivé à la hauteur du château , je vis une immense grue au milieu de la Rue que j`avais l`intention d`aligner , pour garder la vue sur le corbillard . Je dus alors larguer de travers , sans vue directe . Passant à environ 2 m. du toit de la maison au nord de l`Hôtel de Ville , en baissant la tête , je donnai l`ordre du lâché en dégageant avant les antennes de la gendarmerie . En tournant sur la gare , nous sommes repassé sur le lieu de largage , et avons regagné l`aérodrome par la baie de l`Ecluse en vol rasant . Madame Wirth et Claudine , présentes pour le contrôle du lâché , ont vu les fleurs tomber sur le cheval qui tirait le corbillard ! Les spectateurs qui ont vu les fleurs tomber , questionnaient les gens sur les balcons voisins , qui dirent qu`ils n`y étaient pour rien , que ça venait d`en haut . Personne n`a vu d`avion et personne n`a entendu passer un avion , nos femmes non plus ! Il n`y eut aucune réclamation .

      Les largages de paras se ressemblent tous , il y en eut de plus particuliers !

A l`élection de miss Suisse , plusieurs miss se virent offrir un saut à la longe de 700 m/sol .

lle Morena , future épouse du footballeur Matthéus , assise à côté de moi m`a demandé que faire ! Je lui dis , lorsque vous serez assise sur la porte de lancement , sautez de suite sur l`ordre qui vous sera donné , sinon vous risquez d`être poussée dehors . Elle fut magnifique , et eut un grand plaisir ! ( la longe ouvre le parachute environ 10 m. après la sortie de l`avion )

      Certaines fois , la météo. était limite , les paras expérimentés aimaient sauter du dessus d`une couche de nuages , sans vue du sol , pour autant que les derniers 400 m. soient avec une bonne visibilité . Dans ces cas , c`est à moi de leur dire quand sauter ! Je dois larguer côté ouest , pour être sûr que la ligne à haute tension située à l`est ne fera pas obstacle .

      A Kappelen , située en approche de Belp , il faut être en liaison radio pour obtenir l`autorisation de larguer au-dessus de 700 m/sol , lorsque des approches ILS sont attendus .

à cause des attentes hors approches , les paras ont souvent délocalisé leurs sauts sur d`autres places – Granges – Saanen – Ecuvillens – Môtier – Neuchâtel – La Chaux-de-Fonds – Porrentruy – Dittigen – Triengen – Courtelary - Beromünster et même jusqu`à Châlon-sur-Saône . A Ecuvillens , sous la voie aérienne Genève-Kloten , les largages en altitude doivent être synchronisés avec Genève-radar .

       Les paras d`Yverdon qui sautaient avec un Porter d` Air-Glaciers , eurent au cours de sauts d`initiation , un sauteur qui est resté accroché au ski relevé de la queue de l`avion . Il fut dégagé par un héli de la Garde Aérienne de Lausanne . Air-Glacier ne voulait plus larguer , sans connaître les raisons de l`accrochage . Je suis allé à la demande de mes paras , avec notre Do-27 à Yverdon , pour faire leurs largages . Après leurs explications , je sus qu`un accrochage avec notre avion serait improbable ! Le Porter n`a pas d`étrier spécial pour attacher les sangles d’ouverture automatiques des parachutes . Ces sangles étaient enroulées autour du siège du copilote , ce qui provoquait , en diminuant la longueur , une ouverture trop rapide du parachute , qui s`ouvrait à la hauteur de la queue de l`avion . En plus , le Porter est plus long que le Do-27 .

      Le vol à Châlon-sur-Saône , au départ de Granges fut une surprise pour moi ! Je ne savais pas qu`ils désiraient aller en France ! Je n`avais pas de carte appropriée avec moi . J`ai dû faire avec ¼ nord-ouest de carte ancienne de Suisse . La météo. , avec une couverture nuageuse à environ 50 m/sol , a poussé les paras à aller à Châlon , où le ciel était dégagé . Il fallait faire la douane à Genève . Autre cas de conscience , au contrôle moteur une des magnétos avait une chute de tour au-delà du normal , mais ça arrivait souvent et au 2me contrôle du jour , tout redevenait normal . Pour des vols à basse altitude , c`était tout de même embêtant . Dès la frontière franchie , j`ai volé au cap environ 300 depuis Bellegarde ; heureusement , il était maintenant possible de voler souvent à 100 m/sol . Je suivais parfois des voies ferrées désaffectées et avec mon flair , je suis arrivé dans la zone de Chalon dégagée de nuages . Je n`avais plus qu`à annoncer mon atterrissage (j`avais demandé la longueur d`onde à la douane) . Là , ils ont sauté avec les français , le prix étant inférieur au prix de leur avion ! Le retour en Suisse par Genève , avec une météo. à peine meilleure fut sans histoire . Le lundi matin , je rencontrais entre Bienne et Granges dans le train qui m`amenait à Baden , le mécano. qui s`occupait du Do-27 des paras . Je lui ai parlé du problème magnéto . Une semaine plus tard , il m`annonçait qu`il avait changé cette magnéto . Il faut dire que ce vol fut fait avec un des Do-27 donnés par notre armée à différents Clubs . C`est moi qui ai initié un pilote d`Ecuvillens , lorsque les paras fribourgeois reçurent leur Do-27 .

      Lors d`un concours national de paras à Porrentruy , un Porter ne suffisait pas , je suis allé prêté main forte avec notre Do-27 . La météo. n`était pas favorable , il y avait une couche de brouillards 7/8 à 300 m/sol peu stable . Assez rapidement , je fus le seul à larguer , grâce à mon expérience au vol sans visibilité , et à mon sens d`orientation . Etant seul en l`air , il n`y avait aucun risque de collision ! C`est moi qui leur disait quand ils devaient sauter !

      Le 5 septembre 81 , Henri Schurch de La Heutte , me dit qu`il y a du soleil chez lui , qu`il organise des vols à Môtiers . A La Neuveville , le brouillard dense était à 50 m/sol , je lui dis qu`il n`était pas sûr que nous arrivions au Val-de-Travers ! Il se dit près à essayer . A Kappelen , le chef de place promenait son chien . La météo. annonçait une amélioration ! L`avis de Henri au soleil, m`a décidé à tenter de percer la couche . Restant toujours le plus au nord des villages depuis Cressier , nous suivions la route depuis Chante-merle vers Rochefort sans avoir eu la moindre chance de percer la couche ! Mais après Rochefort , une ligne à haute tension croise la route , et à basse altitude avec le peu de visibilité vers l`avant , j`ai dû me résoudre à tourner vers le sud en montant avec l`aide de l`horizon artificiel . Il fallait éviter la Montagne de Boudry ! Ce n`est qu`à 1800 m/mer que nous sommes arrivés au soleil sur la couche ! J`ai montré à Henri ou était la Heutte , et qu`aucun trou était visible . Je lui fis remarquer que je ne savais pas où nous allons reposer , car à part les Alpes au loin , aucun point de sol apparaissait ! Arrivé près du Moléson qui sortait tout juste des brumes , un trou me fit voir le sol vers Bulle . Réduisant les gaz , volets d`atterrissage sortis à 30° , nous avons rejoint la route à suivre à basse altitude , en évitant Fribourg , pour via Payerne non en activité et le lac de Neuchâtel , atterrir à Colombier . Là , il fallut attendre l`amélioration météo. plusieurs heures avant d`avoir assez de visibilité pour enfin arriver à Môtiers . L` après-midi seulement , les vols paras furent possibles ! Henri a voulu forcer la main à la météo. !

      A Colombier , j`ai eu un pépin qui m`est resté un mauvais souvenir ! Il y avait un meeting avec de vieux avions . Mes paras désirèrent être présent . Ce jour-là , il y avait un très fort Joran . Trop de paras s`entassèrent sur mon dos , debout , puisqu`il n`y a pas de siège . A l`atterrissage , je devais très fortement contrer le vent de travers . Alors que nous étions posés sur la piste , une rafale de Joran a soulevé l`aile droite , précipitant mes paras les uns sur les autres à gauche , ce qui rendit un rééquilibrage de l`avion impossible . L`aile gauche toucha le sol , heureusement que la vitesse de l`avion était déjà très réduite . Il est clair que je n`aurais pas dû accepter autant de monde sur mon dos , Do-27
.

      Pendant l`hiver le vieux Do-27 était remisé à Môtiers ( meilleur marché ) . Début mars 1981 , nous sommes allé en voiture le réveiller . La batterie était à plat ! Accouplant 2 voitures proche de l`avion , avec des câbles de démarrage en série , nous avons rechargé quelques minutes la batterie 24 V= de l`avion ! Après avoir vu que tous les éléments de la batterie étaient en ordre , à nouveau accouplés , j`ai démarré l`avion . Seuls un ou 2 cylindres répondirent , le moteur ne tournait pas rond du tout , tout l`avion fut violemment secoué pendant une petite minute , et miracle le moteur se mit à ronronner normalement . Seul ennui , la montre et le badin anormalement secoués avaient perdu des pièces . Après avoir libéré l`avion des autos , le moteur s`est gentiment réchauffé . Après avoir fait un tour de piste seul , les paras venus assister au réveil de leur avion , ont fait quelques sauts . A la fin du mois , nous avons constaté que l`avion a démarré sans l`aide d`autos ! Il fut ramené à Kappelen , où il passait ses repos bâché . Les instruments endomagés furent réparés .

       Quelque temps plus tard , avec ce même vieux Do-27 , lors d`un vol pour des sauts à Bellechasse , l`envol à Kappelen m`a surpris , une secousse sur le manche à balai , suivi d`un nez lourd de l`avion , m`a obligé de tirer anormalement le manche pour maintenir le vol ascendant . Un de mes paras , a vu vers l`arrière que la gouverne de profondeur gauche s`était désentoilée ! J`ai dit à mes paras que nous gagnerons de l`altitude , et qu`ils se préparent à sauter si je l`exige . J`ai pu larguer à Bellechasse , et m`y poser en faisant une approche très plate pour ménager le reste de l`entoilage de queue . Il fallut procéder à la réparation sur place, tout envol eut été trop risqué !

      Autre surprise , je reçus un téléphone de mes paras un vendredi après-midi à ABB-Oerlikon . Ils désiraient sauter par surprise près de Frauenfeld , pour assister au mariage d`un des leurs ! J`ai obtenu l`autorisation de quitter mon travail une heure plus tôt , et les paras me prenaient à la gare de Bienne , pour décollage vers 1700 h. Ils voulaient sauter à 1745 h. Je n`avais aucun attribut de pilote avec moi , je savais qu`autour de Kloten , les opérateurs radio obligeront à tout un tas de détours . En vol , par Granges , j`ai eu la longueur d`onde de Kloten info. Ils m`ont fait tourner Waldshut , les Chutes du Rhin de Schaffouse et Seuzach , avec de nombreux changements de longueurs d`ondes , et donc d`opérateurs , peu pressés de s`annoncer ! Pour larguer à l`heure , je ne pouvais pas attendre , si bien que je larguais à Frauenfeld , alors que je m`annonçait encore qu`à Seuzach . A mon retour , la même valse d`opérateurs radio recommençait , et j`étais toujours au-delà des positions que j`annonçais ! Un des opérateur m`a demandé quel avion je volais ! Un ancien Do-27 de l`armée , lui dis-je , et il me laissa en paix .

      Une autre fois , après de nombreux largages à Beromünster , un immense orage venait de l`ouest ( c`est toujours le cas ) . Nous voulions regagner Kappelen avant la nuit . Sitôt après le décollage , une pluie intense nous a privé de vue vers l`avant , et le cockpit étant tout sauf étanche , ma connaissance du terrain fut nécessaire pour éviter les collines sur notre chemin , car il fallut rester très proche du sol dans ces conditions ! Peu avant Granges , l`orage avait passé , mais nous étions trempés ! Mais tous étaient très contents .

      Vers la fin de mes engagements avec les paras , le Do-27 de l`armée fut si gravement endommagé par un des jeunes pilotes , qu`il ne put être réparé . Les paras de Granges ont parfois mis leur Do-27 ( aussi de l`armée ) à notre disposition , mais la plupart du temps , seul le vieux Do-27 était à disposition .

      Le Phantom Para-club devint Swiss-Boogie , avec Henri Schurch comme seul chef . Il s`est procuré un Pilatus-Porter . Il m`a demandé de faire la transition Porter . Il était exigé une transition de 15 jours . J`avais 64 ans et demi , et j`aurais dû être professionnel , donc à 65 ans j`aurais dû arrêter . J`ai donc renoncé à faire cette transition . Henri , quelques années plus tard , vole lui-même son avion ! Bravo .

      Du 18.7.76 au 9.5.87 , j`ai largué 4431 paras .

     Dès 1987 , j`ai maintenu ma licence de vol voilure fixe , avec le Piper de l`Avia Lausanne basé à Yverdon et avec un petit et un grand Robin de l’aérodrome de Neuchâtel ( avant Colombier ) .

     Plusieurs de mes amis vinrent avec moi découvrir notre beau pays . 3 vols par an , suffisaient à maintenir ma licence , car seules 6 heures de vol par an suffisent , lorsqu`on est expérimenté .

      Fin octobre 1990 , PA. Lautenschlager , ami Rotarien désirait faire un vol avec ses filles .Rendez-vous fut pris vers 1500 h. à La Neuveville . A cette heure , par téléphone , il me dit qu`il pensait que le brouillard ne permettrait pas le vol ! Mais c`était possible , et il vint , malheureusement un peu tard . ce n`est qu`à 1612 h que nous partîmes de Neuchâtel . Nous avons passé sur le brouillard en remontant le Niremont , pour voir un magnifique couché de soleil ! Enthousiasmés , ils désirèrent aller jusqu`au Mont Blanc . A ce moment, j`aurais déjà dû être en approche à Neuchâtel , puisque le soleil allait se coucher ! ( riposo ½ h avant ce coucher ) . Le mal était de toute façon fait . J`ai donc continué via l`Aiguille du Midi et Aoste pour revenir par le Grand Combin . Là , le Cervin était encore majestueux , malgré la nuit tombante . Pierre-André me demanda de faire un détour vers cette majesté ! Je lui fis remarquer que le carburant nous manquerait . Pensant gagner du temps , j`ai essayé de voir si la descente via Bulle était possible , mais aucune lumière du sol n`était visible . Ce n`est que revenant vers Monthey qu`il fut possible de passer sous le brouillard . En vol bas , par Epalinges – Echallens – Yvonnand et Estavayer , nous avons croisé le lac pour arriver directement sur  l`aérodrome  . Il est clair que j`avais déjà testé mon phare d`atterrissage . Je ne l`ai allumé qu`un petit moment , pour éviter les arbres au sud de la place . Les autos avec leurs phares sur la route au nord de la piste m`ont permis de me poser sans problème au début de la piste-ouest , après un joli contour 90° à droite , tout en ayant juste le minimum de gaz pour éviter le bruit . Après avoir arrêté le moteur devant la baraque de start , nous nous sommes présenté aux 2 personnes qui nous attendaient . Où est l`avion , demandèrent-ils ? Il est ici devant pourquoi ? Nous n`avons rien entendu , comment êtes-vous arrivés ? Si on maîtrise son avion , il n`y a pas de problème de bruit la nuit . Allez-vous me dénoncer , ai-je demandé ?  Non ,non , nous aurons un tel tas de réclamations qu`il ne sera pas possible d`éviter une dénonciation ! Je les ai remercié …. Et il n`y eut pas de réclamation , et ils ne m`ont pas dénoncé . Il faut dire qu`avec mon garagiste et son avion privé , nous nous étions déjà posé de nuit à Neuchâtel , mais personne ne nous y attendait !

      Par la suite , tandis que plusieurs accidents avec des pilotes âgés avaient eu lieu , mes passagers me demandèrent souvent si je me sentais bien ! j’ai eu vite mare avec de telles questions, si bien qu`en 1994 , je n`ai plus renouvelé ma licence .

      Le 29 mai  1989 , par Claudine qui a parlé avec Paul Leuthold , un de mes amis Divisionnaire , lors d`un meeting à Dübendorf , j`ai eu le plaisir de faire un vol Tiger avec notre fils Marc . Pour ce faire , j`ai dû faire un contrôle FAI à Dübendorf .

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2001, Blaise et son fils Marc qui fut commandant d’une escadrille de “Tiger F-5”. Ils furent les organisateurs de la visite de l’Amicale aviation 4 à Tourtemagne sur ce qui fut leur aérodrome de service

A Payerne , j`ai reçu un équipement adéquat . Je ne connaissais aucun des mécanos , j`étais d`une autre génération ! Sur le siège derrière Marc , j`avais bien plus de place que sur un Venom . Le start fut si tranquille , que j`avais l`impression d`être dans un avion fait pour voler . J`avais dit à Marc que ce vol devait être un vol normal d`entraînement pour lui . Un de ses camarades a fait la cible , tandis que nous avons fait une douzaine d`attaques sur lui . Malgré le soleil , aucune attaque ne fut loupée. J`ai suivi plusieurs attaques en regardant l`avion-cible comme nous le faisions sur Venom et plusieurs autres en passant de l’écran-Radar et au visuel.  Quel plaisir ! J’avais dit à Marc de ne pas tier au au-delà de 4 à 5 g ! A cause de mon dos abîmé !

    Après ces attaques , l`avion-cible s`est éloigné , et au sud de Sion , Marc m`a laissé les commandes , je voulais voir ce qui se passe en restant en vol vertical , lorsque la vitesse est nulle ! Je dis à Marc , qu`avec le Venom une vrille serait inévitable , qu`il faudrait retirer les gaz

Marc me dit , pas de problème , laisse les gaz , l`avion se mettra tout seul en piqué , et dans les secondes qui suivirent , après être descendu de 10`000 m à vitesse 0 , Marc ayant repris les commandes , on passait tout prêt d` une crête de montagne pour remonter à 10`000 m avec post-combustion ! Imposant ! La minute suivante , on se posait à Sion , pour un durchstart , et nous regagnions Payerne . Marc fit un nouveau durchstart , suivi d`un envol vertical , avant de reposer définitivement . Décidément les progrès réalisés en aviation sont époustouflants.

Le 3 avril 1992 , Philippe Schuler a demandé pour son dernier vol hélicoptère , de pouvoir inviter quelques uns de ses vieux  amis . Avec Nicodet qui volait Al-II avec moi , nous avons pu voir que la maîtrise héli. ne se perd pas , même si nous étions sur Al-III . Philippe nous a laissé successivement tâter le Pitch et le Manche !

       Le 29.8.92 , Henri Schurch m`a avisé qu`il organisait des sauts en tandem depuis un Super-Puma à Kappelen . Je me suis annoncé . C`est Peter Heimberg qui m`a accompagné . Je savais qu`à l`ouverture du parachute , la décélération provoquerait une forte sollicitation pour mon dos , mais ce fut supportable . La descente en chute libre est à vivre au moins une fois , et je l`ai faite . Je comprends tous les plaisirs que vivent les paras ! C`est magnifique !

Philippe Schuler,

Philippe Schuler, ancien de l'Esc av 4, pilotant une Alouette III-

Claudine et Blaise recevant un groupe de la 4 à la Neuveville après l’AG 2001

            PARTICIPATIONS HORS SERCICE MILITAIRE

     Pendant mes études au Poly de Lausanne , dès l’obtention de mon brevet de pilotes , j’ai assisté aux stamms de l’AVIA Lausanne . une fois par semaine . J’y trouvais les pilotes qui furent en service entre 1939 et 45 , jusqu’à mon engagement à BBC . L’AVIA Centrale qui réunit l’ensemble des pilotes de Suisse organisait un week-end de ski à La Lenk et une rencontre annuelle avec challenge de tir à laquelle je participais avec Claudine .Dès son arrivée à l’Esc.av.4 Gaston Cuche avec Claudine organisèrent des week-end avec nos dames au chalet du ski-club de Tête-de-Ran . Nous dormions dans le dortoir et les repas étaient préparés au grill , jambon à l’os où raclette avec les saucisses en torrée . Ces week-end n’ont cessé qu’avec la dissolution de la de la 4 en 1983.

Claudine et Blaise recevant un groupe de la 4 à la Neuveville après l’AG 2001

L’AMICALE DE LA COMPAGNIE 4

Etant le plus jeune , j’acceptais la présidence . J’annonçais la tenue de la prochaine AG à La Neuveville , où j’habite .     A La Neuveville , de nombreux pilotes sont entrés à l’Amicale . Pierre Oberson a proposé le nouveau nom  "Amicale Aviation 4"

                                                   L’AMICALE AVIATION 4
                    Pour éviter un échec à ma succession , un Vice Président fut nommé !

    Claude Rüeger a crée notre site internet , en collaboration avec Edouard-Jean fils de l’ancien pilote de l'Esc av 4, Benoît Musy aussi coureur automobile trop vite décédé .   www.amicaleaviation4.ch

Le 22.09.07 j’ai remis la Présidence de L’AMICALE AVIATION 4        à l’Assemblée Générale de Savièse à Claude Rüeger – Rue Grimoux 30 – 1700 Fribourg

     Mes ennuis de santé continuent à se multiplier . Le 1er Aoùt 2009 je suis victime d’un AVC qui me prive d’une élocution normale. Ma langue est partiellement paralysée , mais j’ai la chance de pouvoir me déplacer dans ma propre voiture .

    Toute l’histoire de la 4 est retracée et de nombreux récits de nos membres, entre autres ceux de Fernand Carrel qui fut Chef de nos Forces Aériennes, illustrent la vie au service de notre belle Patrie .

                                                 LE MUSEE CLIN D’AILES     La création de ce Musée est l’œuvre de l’Amicale Aviation 5 . Notre Amicale par les dons importants de plusieurs d’entre nous a aidé cette création . Fernand Carrel fut un des membres influents de la réalisation .      Je m’engage bénévolement comme surveillant et parfois comme guide , une à deux fois par mois . Mes ennuis de santé limitent malheureusement mes engagements .

     Avec tous les ennuis de santé que j’ai révélés au cours de ce récit , je cherche à expliquer comment faire pour garder un esprit positif , à surmonter les avaros qui arrivent avec l’âge ¨.     Si tout va bien , dans le prochain récit :

                                                     Massages dynamiques

          Vous verrez qu’avec de la patience , il est possible de voir son futur avec espoir !        Si tout va bien !

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